‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 162 sur 270 · avril · texte numérisé non relu

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2. « J'ai fait l'application de ces critères à la lecture de l’/liade et de Sophocle : ils m'ont paru fort appropriés, et même décisifs. » (23 décembre 1797.)

inquiétude à ce sujet et Schiller déclarait que ce poème « paraissait incliner vers la tragédie, quand on le comparait au concept rigoureux de l'épopée ». Rappelons donc, pour mémoire, la comparaison du mime et du rhapsode, et ces deux principes essentiels posés par Gœthe : « le poète épique nous présente l'événement comme tout à fait passé : le poète dramatique comme tout à fait présent; — l'épopée nous montre l'action extérieure de l'homme : la tragédie le montre ramené sur lui-même ». Suit l'énumération de cinq motifst (dont un seul est exclusivement épique) et des mondes où se jouent les poèmes (monde physique, monde moral, monde des fantaisies, des pressentiments, des apparitions, des hasards et des destinées). Dans le commentaire à cette étude que nous donnent les lettres de Gœthe, deux points peuvent être surtout signalés : il s’agit de deux infériorités des modernes : l’une provient du mélange des genres; l’autre de la difficulté que nous éprouvons à trouver un équivalent de ce monde du surnaturel, qui est le troisième de l'énumération mentionnée plus baut. C’est la question du merveilleux païen qui se ramène, pour Gœthe,aux moyens de rendre sensibles aux yeux ou à l'imagination les rapports des mondes visible et invisible.

On pourrait se demander si l'idéalisme des écrits de 1797- 1799 ne montre pas, d’une façon plus générale encore, l’influence de la Poétique. La poésie, pour Aristote, fait des représentations générales (5x #a6kou... Aye:?), et les poètes « doivent faire comme les bons peintres de portraits, qui, tout en rendant avec fidélité les traits particuliers à chaque figure, l'embellissent cependant * ». Ces principes sont constamment appliqués et développés dans les écrits de cette période, mais ils le sont sans aucune référence à la Poétique. Gœthe ne semble donc avoir repris cet ouvrage en main que pour son étude comparée du drame et de l'épopée, et il faut borner à ce qui vient d'être dit l’infiuence d'Aristote.

1. Vorwärts-Rückwärts-schreilende, Retardirende, Zurückgreifende, Vorgreifende. 2. Poétique, IX (1451 D).

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