‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 169 sur 270 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. Belebte, bewegliche Statuen im grossen Stil. Vorlesungen, 3° édition, p. 66."

5. Théorie des Formes lyriques de la Trag. gr., p. 111. Voir également le Traité de Métrique grecque du même auteur, p, 379 et suiv.

très ingénieux parfois, reste toujours sensible à l’auditeur, grâce à l'exécution matérielle, et à l'alternance du chant avec la déclamation cadencée ‘. Et cette symétrie n’est pas bornée aux morceaux lyriques : elle se trouve aussi dans les parties dramatiques, et peut s'étendre à des scènes entières. Il faut remarquer, toutefois, qu'on est souvent tombé dans l'excès en voulant mettre trop de rigueur dans ces responsions. On a maintenant plus d'hésitation à corriger des textes pour y faire des divisions égales, ou pour établir une stricte correspondance antistrophique. Aussi bien, l’art véritable s’éloigne consciemment de la symétrie absolue : il s’y soumet d’abord rigoureusement, comme on le voit dans les statues archaïques, et même dans les sculptures d'Egine, mais il comprend bientôt que sa vraie loi n’est pas la symétrie, qui l’enchaïne, mais l'équilibre, sans lequel l’âme ne se possède pas ellemême, et qui est condition nécessaire de l'impression esthétique, comme, en général, de la vie.

Nous avons pu constater, en étudiant-Torquato Tasso, l'impression plastique qui résulte du tour sentencieux. Le personnage, s'élevant au-dessus des circonstances présentes, dans une sphère plus lumineuse et plus pure, paraît grandi et, en quelque sorte, marmoréen. La figure du prince d'Este est frappante, à ce point de vue. Et l'influence du chœur tragique agit, selon Schiller, dans le même sens : « cette figure colossale, dit-il, force le poète à dresser ses personnages sur le cothurne? ». Elle apporte, ajoute-t-il, le repos serein (die schüne und hohe Ruhe) et la dignité. Winckelmann ne dirait pas autrement. — Le culte de Némésis a aussi sa part dans la calme simplicité des attitudes. Tournier, reconstituant l'idéal moral conforme à ce culte, montre que la sagesse qu'elle inspire consiste à « éviter toutes les affections immodérées, toutes les sensations trop vives qui déconcertent l'harmonie et le rythme prescrits à nos pensées comme à nos démarches* ». Le dévot de ce culte évite les

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