Iapaxaradoys
2. Uber den Gebrauch des Chors in der Tragüdie. 3. Némésis et la jalousie des Dieux, p. 174.
transports désordonnés dans la joie et dans la douleur : il garde « la noble décence dont Phidias et ses émules ont trouvé autour d'eux les modèles ! » : on se rappelle la violente réprimande (dont la brutalité passe, à son tour, la mesure) adressée par Étéocle aux femmes thébaines ?.
Ces remarques s'appliquent souvent aux personnages tragiques, mais on voit sans peine le fort et le faible de cette application. Les héros de la tragédie grecque nous intéressent surtout en tant qu'ils violent, par l'excès de leur passion, celte loi de Némésis. Et l’on ne peut prétendre que la contorsion de l'attitude soit nécessairement le signe d’un excès de ce genre. (Œdipe menaçant Tirésias ou l’ancien esclave de Laïos offre un groupe qui est plastique, à la fois, par ce qu'il montre et par ce qu'il suggère. S'il s’agit des sentiments euxmêmes, et non plus de leurs signes extérieurs, c'est moins leur mesure que leur simplicité qui sera nécessaire à l’impression plastique. Cinna, Pauline, Chimène ne nous donnent point cette impression : il y a dans leur âme trop de complexité et de conflits de sentiments pour qu'on puisse avec vérité les fixer en une attitude : on voit aisément pour quelles raisons la casuistique de Corneille, tout héroïque et sublime qu'elle soit, est moins plastique que la passion racinienne, toute-puissante, et dont l'âme entière est la proie. Mais il n’en faudrait pas conclure qu'un personnage de tragédie perd en psychologie ce qu'il gagne en plastique. La Phèdre de Racine pourrait nous en donner la preuve : peu de caractères sont plus fouillés et plus riches, et peu de figures sont plus propres à inspirer la statuaire *. C’est que tous les sentiments du personnage se groupent autour d’une passion unique et simple; cette passion peut évoluer, elle n’en reste pas moins, dans son fond, identique à elle-même, et chaque attitude tient de sa force souveraine la forme précise et nette de ses contours.