Voir notamment la Bacchanale
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de symbolisme exprimant l'unité de la vie et mettant tous les détails en harmonie rigoureuse et continue avec cette expression. Si telle statue de Sophocle me représente une nature forte et sereine, c’est que toutes les lignes donnent l'expression cohérente de ce caractère, depuis le port de la tête, jusqu à la façon dont le pied pose sur le sol. Si ce pied vient à être mutilé, et, qu'on le restaure LE par un zèle mal entendu — ce qui me frappera dès l’abord, ce sera l’arrèt de la vie en cet endroit et, par suite, l’incohérence de la ligne. On voit clairement que les groupes pathétiques de Diderot ne sauraient être soumis aux mêmes lois. C’est Gœthe qui pouvait se réclamer de Poussin (de Poussin précurseur de Puvis de Chavannes, et auteur de la Nourriture de Jupiter, de la Bacchanale et même du Déluge); Diderot tendait plutôt — comme on l'a très justement dit — à mettre des Greuze en tableaux vivants’.
Mme de Staël, après avoir reproché aux acteurs allemands de mettre trop rarement en pratique la connaissance des arts du dessin, reconnaît cependant « que, depuis quelque temps, les actrices ont étudié l’art des attitudes et se perfectionnent dans cette sorte de grâce, si nécessaire au théâtre ? ». C'est à l’école de Weimar qu'était dû ce progrès : il est comme le symbole matériel de ce retour à la poésie qui distingue la troisième période du théâtre allemand (selon la division d'Iffland), après l’imitation empesée de la scène française et le prosaïsme du drame bourgeois. La Neuber, longtemps avant Gœæthe, avait vu de quelle utilité le répertoire français pouvait être à la scène allemande; mais l'esprit de nos tragé-
1. G.-Lanson, Hist. dela Litt. fr., p. 648. Dans les Affinités électives (If, v), ce sont bien des Poussin que Gæœthe met en tableaux vivants. Luciane, « qui est plus belle au repos qu’en mouvement », et qui s'adonne à cette « sculplure naturelle », représente Esther devant Assuérus. Voir plus bas, p. 347-9.