‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 178 sur 270 · Ibid., II, p · texte numérisé non relu

Ibid., II, p

Iffland', par plus d’un trait, se rapproche de l'acteurmodèle de Gæthe : il veut des gestes sobres et rapprochés du corps, et distingue toutefois ceux qui tendent à exprimer la beauté idéale, et ceux dont l’objet plus prochain n’est que de caractériser un personnage. En demandant que ces deux fins soient réalisées par l'acteur tragique, il ne fait qu'appliquer par instinct l'idée kantienne qui règle, pour Gœthe, et les théories et la pratique du théâtre. On le louait d’ailleurs de la calme dignité qu’il gardait en jouant la passion la plus violente, et de son souci de conformer ses attitudes et ses mouvements à ceux de la statuaire antique. Il avait, dans cet art plastique, un devancier d'assez de renom en Joseph Lange, du Théâtre National de Vienne. Cet acteur, fort cultivé, et qui s'était destiné d’abord à la peinture, avait débuté vers 1770, lorsque régnait à Vienne la «tragédie régulière »; son souci de l'attitude plastique se montrait jusque dans la comédie, ce qui produisait, dit-on, une impression étrange?. L’influence du mélodrame, dont les sujets étaient, en général, mythiques, s’élait également exercée dans le même sens. On sait qu'Iffland joua notamment le Pygmalion de Rousseau, et que Gœthe renonce à « exprimer avec des mots » ce qu'il a élé dans ce rôle. — Et cependant il est aisé de voir ce qui manque à Iffland pour être l'acteur idéal selon l’école de Weimar” : il tient d'Eckhoff l'excès du geste descriptif; sa

1. Voir Julius Wahle, o. L., et la très intéressante publication de M. Ludwig Geiger : Schauspielerbriefe, Gæœthe-Jahrbuch, XXVI, 1905, p. 51-92. Ces lettres nous montrent notamment la grande admiration d’Iffland pour les traduetions de Mahomet et de Tancrède et son souci de les interpréter dignement (p. 55); elles nous font entrevoir (lettre à Gœthe, 3 Janvier 1801) la résistance d'un public insuffisamment préparé à goûter les classiques français, et qui trouve ennuyeux les chœurs d’Athalie; elles trahissent même la lassitude qu'iffland éprouve par moments, à jouer des rôles un peu froids : il se dédommage en choisissant un rôle qui veut un jeu plus ardent (eine Rolle von Feuer zu spielen, da alle andern Rollen die ich spiele in der Bariére (sic) der Manier, mehr oder weniger, bleiben müssen), p. 53. Weimar, 28 mars 1796. M. L. Geiger donne également deux lettres de Mme Unzelmann.

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