‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 182 sur 270 · Cf. L. Bertrand, La Fin du Classicisme, p. 156 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. L. Bertrand, La Fin du Classicisme, p. 156 et suiv

3. P. Desjardins (0. L., p. 11) rappelle ce que Delacroix disait de Poussin (en 1853) : il parlait « d’un certain isolement des figures et de l'aspect un peu nu de l’ensemble » : Après Puvis, dit P. Desjardins, cela nous apparait comme un élément de suavité. Rapprocher la Nourriture de Jupiter et le Bois sacré.

&. Ueber Proserpina. XXXI, p. 312, Gœdeke, et plus loin, p. 317.

se borne plus à la vue ou à la perspective d'objets réels (veduta), mais qu'elle s’est élevée à une représentation plus haute, et idéale : « L’admiration de Poussin devient plus générale, et c'est bien cet artiste qui, dans le paysage et l'architecture, fournit au décorateur les plus beaux motifs ». Parmi les imitations du maître français, Gœthe cite notamment les dessins de Franz Kobell qu'il donne en exemple aux décorateurs. Enfin il est conséquent avec lui-même dans ses prescriptions touchant les couleurs : les fonds seront en harmonie avec les costumes; ils seront le plus souvent bruns, et si, d'aventure, ils sont rouges, jaunes ou verts, les tons en seront atténués et vaporeux « afin que chaque figure du premier plan se détache bien et produise son effet! ». C’est ainsi que le décor devra ne point gêner, et même favoriser l’impression plastique.

Il semble qu'il n'y ait rien de commun entre un monodrame tel que Proserpine et une tragédie comme la Fille naturelle. Et pourtant l'opéra-féerie dont Gœthe nous a si minutieusement décrit les tableaux, et le drame aux personnages sans noms (car celui d'Eugénie peut passer pour symbole), qui tend à la généralité la plus haute, ont, au fond, la même origine. Ils sont issus l’un et l’autre d’une même conception du drame grec. Dans le monodrame, l'idéal du poète a, pour ainsi dire, son expression immédiate dans les formes plastiques; — dans la tragédie la même impression est obtenue par des moyens moins directs, mais l'âme même des personnages, leurs passions et leurs caractères, prennent ce relief harmonieux et symbolique qu'on pourrait appeler le plastique moral, et qui transparaît dans les formes extérieures, qu'il semble modeler. — C’est ainsi que Gœthe hellénise à sa manière (et toujours pareillement) dans ses jeux dramatiques comme dans ses essais les plus sérieux et les plus profonds.

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