‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 185 sur 270 · vtr, passim · texte numérisé non relu

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et son parti veulent que le roi ne méconnaisse pas leur force, et sache voir où sont ceux qu'il doit craindre ‘. En réalité le duc à pour unique souci le bonheur de sa fille : elle le console des chagrins que lui cause son fils, elle lui est un « bien miraculeux » plus cher que la vie?, et cet amour passionné ne semble laisser place dans l’âme de ce père pour aucune autre préoccupation. Gæthe nous fait sentir ses angoisses au moment où cette enfant chérie « va se trouver précipitée dans un cercle de soucis et de dangers* », et, de la façon la plus touchante, il nous montre cette dévotion paternelle qui veut, à la place même où la jeune fille est revenue à la vie, élever un temple à la Guérison : « Tout autour, ta main doit élever un féerique royaume : la forêt sauvage, les fourrés épais, un labyrinthe d’allées agréables les réunira ; la roche escarpée deviendra praticable, ce ruisseau fera serpenter son miroir transparent, le voyageur étonné se croira transporté dans le paradis. Aucun trait ne doit tomber ici, tant que je vivrai, aucun oiseau ne sera chassé de sa branche, aucune bête, dans les buissons, ne sera effrayée, blessée n1 abattue *. »

La même observation peut être faite au sujet du Conseiller : Gœthe lui donne une grande noblesse de sentiments, une intelligence profonde et calme avec une sensibilité très délicate et spontanée, mais il est tout à l’action présente, et rien ne nous fait pressentir le rôle qu'il doit jouer dans la Révolution. Il veut, au contraire, rester dans sa sphère étroite”, et s’abstient de juger l'usage que les puissants peuvent faire de leur pouvoir. Il y a bien de l'indignation dans ses paroles quand la Maîtresse de Cour lui montre la lettre de cachet : « Il n’est point ici question de droit ni de justice, s’écrie-t-il, c’est la violence, la violence odieuse, si prudente et sage que soit l’action °! »; mais il parle ensuite de ces moyens violents,

. V. 68 et suiv.

. V. 617 etsuiv.

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