V. 2292 et suiv
4. V. 1793 : Und reisst verbannend mich mit ihm (d. h.: dem Zügling) dahin. Cf. V. 1815, et le vers 2305 cité plus haut.
ne pouvons croire ici qu’elle soit absolument sincère : Gœthe eût mieux mis en lumière un si rare dévouement. Mais notre doute est à son avantage, et quand, dans le port même, elle prépare et improvise, en quelque sorte, le mariage, nous souhaitons avec elle ce dénouement qui sauve la jeune fille d'une mort presque certaine, et l’unit à un homme de cœur.
« Les jeunes gens sont portés à désirer... ; ils aiment les honneurs, ou plutôt la victoire, car leur âge est avide de supériorité, et la victoire en est une...; ils n'ont point de méchanceté, mais, au contraire, une bonté simple, parce qu'ils ne connaissent pas encore la perversité.….; ils vivent surtout d’espoir..., ils ont l'âme élevée, car la vie ne les à pas encore abaissés, et ils ignorent le besoin; d’ailleurs la magnanimité consiste à se croire capable de grandes choses, et cela même vient d’une bonne espérance... ; ils sacrifient l'intérêt à l'honneur, car ils agissent plus par naturel que par calcul; or, le calcul s'attache à l’utile, la vertu à l’'honnête‘. » Ces traits de l'analyse d’Aristote s'appliquent si exactement au caractère d'Eugénie, qu'à la différence des autres personnages, dont l’action particulière est comme relevée et purifiée par ce qu'on en dégage de philosophie humaine, elle semble la pure expression d’un type : nous pourrions reprendre urie à une et commenter par la Fille naturelle les observations que nous venons de traduire. Gœthe nous montre une héroïne enthousiaste, aspirant à une vie ardente et pleine, méprisant « la durée, quand l'éclat s’est éteint? »; aux fêtes royales dont elle rêve, elle se voit distinguée entre les plus brillants, elle goûte à l'avance « l’enivrement d'attirer tous les regards” »; au moment où l'exil paraît inévitable, où elle se sent comme retranchée des vivants, c’est « l'éclat‘ » qu'elle regrette surtout; et ce désir de briller se montre avec une naïveté charmante dans la scène où elle demande à son père les broderies, les dentelles, les bijoux qui, le jour de sa