‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 212 sur 270 · LL, XVIT · texte numérisé non relu

LL, XVIT

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Au temps où Gœthe théorise avec Schiller sur l’art classique, un des principes auxquels il s'attache le plus est, nous l'avons vu, celui de la distinction des genres : il remarque, après Meyer, que tous les arts plastiques tendent vers la peinture, qui, par l'attitude et la couleur, donne à l'objet le maximum de réalité : de même tout genre poétique tend vers le drame, c’est-à-dire « à la représentation de ce qui est tout à fait présent! ». Cette tendance n’est pas, pour Gœthe, une lot qui soit inhérente à l’art, mais une concession de l’auteur au public; 1l est véritable, en effet, que si le théâtre est plus généralement goûté que le livre, c'est surtout parce qu'il réduit au minimum le travail de l'imagination. Mais Gæthe bläme les empiétements d’un genre sur l’autre : il va jusqu’à dire que le principe de la distinction, strictement appliqué, condamnerait les romans narratifs mêlés de dialogues !

Et cependant il est peu de romans qui aient figure de drame autant que les Affinités. L'exposition, très rapidement faite en une scène dialoguée, répond bien à la condition que Gæthe juge la plus favorable : « elle est déjà ane partie du développement? ». — Sans parler ici de l'effet plastique, qu'il tient pour un des caractères du drame idéal et que nous montrerons plus loin dans les Affinités, il y a, dans certaines scènes, de ces oppositions expressives ou de ces entrées soudaines, ou de ces sortes d’ «effets » qui sont du théâtre plus que du roman. Qu'on se rappelle, par exemple, dans la scène où Mittler disserte sur le sixième commandement, l'entrée et la sortie d'Ottilie et les angoisses de Charlotte. — Certaines actions secondaires, réduites au strict minimum, ne sont que des ressorts que l’auteur emploie, pour ainsi dire, à l’état brut; ainsi, pour préparer — de loin — le retour d’Ottilie à la

1 Corresp. avec Schiller, Il, 205.

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