‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 218 sur 270 · Der Alte von Weimar, p. 12 et suiv · texte numérisé non relu

Der Alte von Weimar, p. 12 et suiv

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représentée comme singulièrement puissante : Gœthe en fait « une attraction inexplicable, presque magique! », et, dans un passage bien connu, il dit quelle force irrésistible rapproche à tout instant et à leur insu Édouard et Ottilie : « Le plus proche voisinage pouvait seul les tranquilliser.…. Alors ce n'étaient plus deux êtres humains, mais un seul, dans une joie inconsciente et parfaite, content de lui-même et du monde. Oui, si l’on avait retenu l’un d'eux à l’extrémité de la maison, l’autre se serait peu à peu, instinctivement et sans dessein, porté vers lui?.... » Contre cette loi de nature l'union d'Edouard et de Charlotte sera bien faible. Ils doivent être brisés par les deux forces dont leur faute a déchainé le conflit : tout essai de conciliation serait vain. Et c'est là précisément ce que Gœthe a voulu montrer par ce personnage de Mittler dont la signification nous est, maintenant, très claire : ce « médiateur » peut réussir en d'autres cas, mais ici son entremise est inutile, il nous fait l'effet d'un homme qui, pour arrêter un torrent, se dresserait devant lui, les bras étendus. De là son air d’'officieux ridicule ; mais ce sont bien des pensées de Gœthe qu'il exprime, et si la mort d'Ottilie suit de si près son fougueux discours sur le sixième commandement, &’est qu'il a touché juste, et qu'il a été la vivante parole d’une des deux lois souveraines. Le conflit de ces lois n’admettait point de « médiation ». Admet-il la liberté des personnages? La question ne se pose pas plus de cette manière dans les Affinités que dans l'Œdipe de Sophocle. Mais, ce qui est certain, c’est que les personnages ne sont pas présentés comme passifs : ils ont tous, au contraire, une volonté ferme, et Edouard lui-même n'est pas le jouet inerte de sa passion : il l’aide, au contraire,

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