IL, var
5. Voir aussi (II, vnr, au commencement du chapitre) ses réflexions sur les changements et les retours des idées dans une suite de générations.
à l’action, et l’auteur en fait quelquefois des ressorts tragiques : nous avons déjà rappelé que le commentaire du sixième commandement porte le dernier coup à Ottilie; ailleurs, c’est un discours du lord qui, en donnant les raisons de sa vie errante, cause à Charlotte et à Ottilie une douleur qu'il ne soupçonne pas. Quand son compagnon l'avise de sa maladresse, il veut la réparer, « s'abstenir des thèses générales », et divertir son auditoire en contant la nouvelle des Jeunes voisins, mais l'émotion de Charlotte lui montre qu'il s’est fourvoyé, encore une fois’.
Et pourtant, si grande que soit la part des idées générales dans le roman, elles s’y trouvent encore à l’étroit, et le tropplein en est mis en marge, dans le Journal d'Ottilie. Aussi Hettner dit-il assez justement que ce Journal fait ici la fonction du chœur antique. En effet, la moralité des événements est dégagée au jour le jour pour notre plus grande édification, mais le rapprochement de Hettner fait bien ressortir le défaut de ces réflexions : en regard du chœur antique elles sembleraient, le plus souvent, manquer d'envergure et de large humanité, et, d'autre part, c'est un accent plus personnel que nous attendrions d’Ottilie. Nous sentons que Gœthe — qui l'avoue presque — s’est bien vite écarté d'un premier dessein, qui était excellent. Il voulait d’abord faire commenter les derniers épisodes de son roman par celui de ses personnages qui est à la fois le plus méditatif et Le plus sensible, nous faire voir, pour appliquer la formule connue, les faits de son récit « à travers un tempérament ». Et dans les deux premiers extraits, nous pouvons, en effet, suivre le fil rouge, « ce fil d'amour et de tendresse qui est le lien et la marque de l’ensemble? »; il n’en est plus ainsi dès le troisième extrait : Gœthe reconnaît lui-même que la plupart des maximes d'alors ne sont pas le fruit des réflexions d'Ottilie, « mais qu'on a dû lui prêter un manuscrit où elle aura pris