‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 224 sur 270 · Einer leichtsinnigen Gesellschaft · texte numérisé non relu

Einer leichtsinnigen Gesellschaft

connaissance assez vague, et, d'autre part, certains fragments d'auteurs de la comédie moyenne nous font entrevoir un genre de parodie plus relevé, où les héros ne sont pas réduits à des proportions communes, mais restent « surhommes » par quelque trait démesurément grossi. C’est ici proprement la caricature, qui est, en quelque façon, sœur de l'épopée. Quand Héraklès, à l’école de Linos, choisit, dans un tas de livres qu'on lui présente, un « Art culinaire! », nous nous souvenons de l’Alceste et de ce naturalisme robuste que Gœthe a célébré. Ce genre de caricature ne s'attaque pas seulement aux traits ou aux appétits grossiers : témoin l'Amphion de l'Antiope d'Euboulos, qui semble haussé jusqu'au type des songe-creux°?. Et si l’on remonte aux parodies mythologiques d'Epicharme, on voit que, par le pantagruélisme de leurs descriptions ou de leurs énumérations”, elles appartiennent encore à ce même genre épique.

Il y a donc beaucoup de vérité générale dans les observations de Gæthe qui, restreintes au drame satyrique, sont rigoureusement exactes. Pour ce qui est des moyens d'art dont se sert le poète grec afin de relever ce qui semblerait bas ou grossier, Gœthe signale avec raison l'influence de l’art oratoire ; cet art jouait un grand rôle dans la tragédie où se débattaient les plus grands intérêts humains : dans le drame satyrique, il communique sa dignité à des situations ou à des personnages qui n'en semblent point avoir. L'exemple du débat contradictoire entre Ulysse et le Cyclope‘ est très bien choisi : Gœæthe rappelle la logique vigoureuse de Polyphème et sa façon d’argumenter « qui reste irréfutable ».

Après avoir ainsi montré que le drame satyrique est traité par les Grecs dans le même style que la tragédie, Gœthe fait

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