‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 230 sur 270 · Nauck · texte numérisé non relu

Nauck

4. Voir, à ce sujet, Conversations avec Eckerm., I, p. 139 et suiv.

à Phaéthon, qui est déjà monté sur le char? Ce qui l'a trompé, ce sont certains fragments de forme dramatique‘; en outre la scène entre Hélios et Phaéthon lui a paru faire avec la précédente le contraste le plus frappant et le plus riche de pensée: « le père terrestre veut voir son fils établi comme lui-même ; le père céleste doit détourner son fils de s'égaler à lui ».

F. — La partie qui manque entre les deux fragments conservés se laisse suppléer dans ses grandes lignes sans notables divergences, sauf en ce qui concerne le récit de l'œyyehos, auquel nous reviendrons plus loin. Le terrain redevient solide, grâce à la seconde feuille du Claromontanus. Uymène et les femmes du chœur pleurent devant le corps de Phaéthon foudroyé; puis, comme Mérops approche, suivi d’un chœur qui chante un hyménée, Clymène ordonne à ses servantes de transporter dans le palais le corps de son fils. Wilamowitz a très bien montré que le chœur de ces servantes devait être distinct de celui qui chante l’hyménée : les femmes qui sont dans la confidence de Clymèëne ne sauraient être assez hypocrites pour saluer Mérops par des chants! Ces doubles chœurs sont d’ailleurs fréquents chez Euripide*. Gœthe a eu encore sur ce point une très juste intuition, car il distingue les Nächste Dienerinnen du Chor der Festleute*. Ce dernier chœur est envoyé par Mérops auprès de Clymène pour honorer les dieux selon les rites consacrés, puis un serviteur vient annoncer au roi que la chambre des trésors est en feu, et le chœur des femmes qui savent le secret de la reine exprime son angoisse de l’expiation qui se prépare. — Là s'arrête la partie bien conservée de notre fragment. Gœthe supposait une nouvelle entrée de Clymène, mais cette hypothèse n’est pas confirmée par ce que Blass a découvert et déchiffré : il y avait ici, ce semble, un xouués chanté par une nourrice qui avait été confidente du commerce de Clymène et d'Hélios : le

1. Deux de ces fragments (Nauck, 779, v. 1-4, et 784) appartiennent au récit de l'éyyehos; un autre, de mesure crétique, est inexactement mesuré en trimètres et rapporté à Phaéthon (Cf. Blass, p. 17). L'attribution que fait Gœthe de 784 à Hélios est avec raison, ce semble, suivie par Welcker et approuvée par Blass.

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