‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 232 sur 270 · À Riemer, 7 oct · texte numérisé non relu

À Riemer, 7 oct

D'autres travaux de Hermann qui fixèrent l'attention de Gœthe seront encore mentionnés dans les pages qui vont suivre. Plus que jamais Gœthe aime à vivre en pensée au temps des grands Tragiques grecs; il s'y console des laideurs de sa « triste époque! », qui n’a « nidésir du beau ni organes pour le recueillir ». Il ne peut concevoir pourquoi le temps qui suivit les guerres médiques fut pour l’art grec un siècle d'or, tandis que l’art allemand n’a pris, semble-t-il, aucun élan dans les guerres libératrices. Aussi ne cesse-t-il de prêécher son même évangile : « les Grecs, toujours les Grecs! »; il lit assidûment ce que publient sur eux littérateurs et philologues, et toute publication, toute controverse fait jaillir en foule dans ses entretiens des esquisses de théories et des impressions personnelles.

D'Eschyle, il est moins souvent question, à la période où nous sommes, que des deux autres grands tragiques. Gæthe sent profondément le génie du vieux poète : on l’a vu suffisamment dans ce qui précède; c’est peut-être dans la lettre à Humboldt sur l’Agamemnon* que ce sentiment trouve son expression la plus belle : il admire, dans la trame de cette pièce, « le passé, ie présent, l'avenir, si heureusement ourdis ensemble qu’à la lire on devient soi-même un voyant, c'est-àdire semblable à Dieu »; il observe « avec quel bonheur sont mis en œuvre les éléments lyrique, épique et dramatique » et comment, « à l'exception de Clytemnestre, enchaîneuse des fatalités, chaque personnage a son arisleia à soi ». On comprend par là, et aussi par l’éloge qu'il fait du chœur, qu'il ne laisse point passer sans protester certaines critiques de Schlegel; il ne veut pas qu'on dise « que

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