Avec Eckerm
2. Esthétique de la poésie dramat., IX, Bénard, t. V, p. 181.
exemple, « la revendication de ce que l'homme a fait avec une volonté préméditée, en opposition avec ce qu'il a réellement commis, sans le savoir et sans le vouloir, par la volonté des dieux » (ŒÆEdipe); ce seront enfin « d’autres collisions d’une espèce inférieure, celles qui se rapportent soit à la situation du personnage vis-à-vis du fafum grec, soit à des rapports plus spéciaux! ». Gœthe est donc d'accord avec le maître, sinon avec le disciple, quand il ne veut pas qu'on édifie sur le seul drame d’Antigone toute une théorie de la tragédie antique. Il cite avec raison (non sans humeur, du reste) Héraklès, que précipite à sa ruine « le démon de l'amour jaloux », et Ajax, que perd « le démon de l'honneur blessé? ». Le choix de ces deux exemples se trouve être toutefois — par une étrange coïncidence — une correction à la théorie de Hegel, qui déclare ces passions exclues de la tragédie grecque, « leur droit ne pouvant émaner que de la personnalité® ». Pour le sentiment de l'honneur dans la poésie ancienne, l'Esthétique ne parle que de la colère d'Achille; dans l'étude consacrée à l'amour, il n’est pas question des Trachiniennes. Débattre sur ces divergences ou chercher à les concilier excéderait les deux brèves allusions de Gœthe : il nous faudrait entrer dans les nuances de sentiments très finement et nettement analysées par "Hegel, et nous poser des questions qui ont de l'intérêt non ici mais en elles-mêmes‘. Constatons seulement que la volonté de Gœthe est de ne pas laisser enfermer dans le cadre étroit des formules un genre qui s'est librement et richement déployé.
4. Esthétique de la poésie dramatique, IT, Bénard, t. V, p. 182-3.