Quaestiones Sophocleaé, p
4. Aristote cite le passage (Rhét., IL, 16) comme exemple d’une assertion peu croyable suivie de sa preuve; il n’a pas à en‘examinér le fond.
logiques. Bellermann croit que le motif déterminant d’Antigone est toujours le devoir religieux, mais que les degrés de parenté imposent une « gamme d'obligations » qui peut varier avec les circonstances. L'interprétation de Bœckh est plus hardie : Antigone, d’après lui, a reconnu qu'elle s'est rendue coupable en violant la loi de Créon, et au moment où sa noble illusion l’abandonne, le poète lui fait chercher dans la sophistique une aide et une excuse. — Malgré tant d'efforts ! et d'ingéniosité, l'impression de Gœthe reste la nôtre. Encore n'est-il choqué du raisonnement que parce qu'il le trouve subtil et déplacé : là n'est peut-être pas l’objection la plus forte. Il est bien vrai qu'en plus d’un cas nous sentons et pensons autrement que les Anciens : mais si le sentiment est chose variable, la raison ne l’est pas, et l'argument d’Antigone est absurde. La femme d’Intapherne ? juge que la vie de son frère est plus précieuse que celle de son mari et de ses enfants : elle raisonne juste. Mais Antigone, par ce motif qu’un frère ne peut plus lui naître, a-t-elle un devoir plus impérieux d’ensevelir celui qui est mort que s’il s'agissait d’un enfant ou d’un mari? Nous ne pouvons le comprendre *. Et si Sophocle est bien l’auteur de cette gauche imitation d'Hérodote, ce n'est pas seulement son génie qui a sommeillé.
Toutes ces discussions autour d'Anfigone ne sont, malgré ce dernier scrupule de Gœæthe, qu'un hommage au génie du Tragique « qui, comme Shakespeare, donne à ses personnages quelque chose de sa grande âme ». On a vu que le moment principal de l’/Zphigénie allemande rappelle celui de Phloctète : dans l’un et l’autre drame c'est la répugnance au mensonge qui amène la suprême péripétie. Lorsque Hermann eut publié sa dissertation Sur le Philoctète d'Eschyle*, Gœthe prit un vif intérêt à étudier les différentes manières dont le sujet de ce drame avait été traité par les trois grands Tragiques, et com-