‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 238 sur 270 · Elle est de 1825; Opuscula, II], 113 et suiv · texte numérisé non relu

Elle est de 1825; Opuscula, II], 113 et suiv

ment dans ce concours unique (que Dion de Pruse instituait « pour son plus grand délice! »), Sophocle semble avoir mérité la victoire. De ce qui nous est conservé Gœæthe dégage très nettement quelques points essentiels : « le problème est fort simple, dit-il : il s'agit d'aller chercher à Lemnos Philoctète et son arc; Ulysse en est chargé, mais doit-il être, ou non, reconnu de Philoctète, et comment sera-t-il méconnaissable ?? Ulysse ira-t-il seul, ou sera-t-il accompagné, et qui l'accompagnera? Chez Eschyle le compagnon est inconnu”; chez Euripide, c'est Diomède ; chez Sophocle, le fils d'Achille. En outre, dans quel état doit-on trouver Philoctète? L'île doitelle être habitée ou non, et, si elle est habitée, une âme compatissante aura-t-elle pris soin de lui‘? et cent autres détails qui sont à la discrétion du poète.., » — Gœthe tire de ces remarques une morale qu'il donne à méditer aux auteurs dramatiques : il voudrait les persuader de ne pas se demander toujours si un sujet a été traité, «ce qui les conduit à chercher du sud au nord des événements inouïs, souvent assez barbares, et faisant juste l'effet de ce qu'ils sont : des événements ». Le conseil est profitable : il serait à souhaiter, en effet, que l’émulation portât moins sur la nouveauté des sujets, — qui peut nous être presque indifférente, — que sur la vérité humaine qu'on y fait entrer. Un dramatiste de nos jours se tient volontiers quitte quand il a montré (je ne dis pas étudié) un cas exceptionnel ou rare en deux ou trois actes sur cinq, selon qu'il a plus ou moins de conscience. Du conseil de Gœthe pourrait sortir un grand bien, peut-être une régénération. Il ne s'agirait pas de reprendre les sujets antiques : ce qui fait pour nous leur intérêt n’est le plus souvent que

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