À Zelter, 29 janvier 1830 (lettre citée plus haut
tation d'une action qui..., après une suite d'impressions de pitié et de crainte, finit sa tâche par l'apaisement! de ces sortes de passions? » Cette explication revient à ceci : quand les recherches d'Œdipe nous ont fait aller jusqu'à la crainte extrème, ses lamentations (à Cithéron... à triple chemin), les larmes qu'il verse sur ses jeunes enfants, résolvent notre crainte en une pitié qui nous détend et nous apaise. Aristote parlerait donc de la construction de la tragédie qui doit, comme toute œuvre d'art, former un cycle, une sorte de période arrondie et parfaite. Il est évident, en effet, qu’elle ne peut finir sur le déchaïnement d’une passion montée au paroxysme : la musique elle-même, quand elle fait résonner le tutti des instruments à la fin d’un ouvrage, a dù préalablement résoudre les émotions, et c’est cet équilibre retrouvé, on peut même dire ce calme, qu'elle affirme en sonorités puissantes. Comment cet apaisement final est-il obtenu dans la tragédie? C'est, dit Gœthe, par une sorte de sacrifice humain, soit réellement accompli, soit remplacé par un équivalent grâce à l'intervention d'un dieu favorable (cas d'Isaac et d'Iphigénie). On voit par là (quoique Gœthe exprime cette idée brièvement) que l’apaisement final n'est pas obtenu par des moyens quelconques, et purement formels, mais qu'il se rattache à la grande loi morale qui domine le genre. Sous bien des rapports cette conceplion de la Katharsis se rapproche de celle de Hegel. Ce sacrifice humain, c’est celui des passions exclusives que le philosophe nous montre « brisées par la justice éternelle ». Mais en signalant ce