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Ausgleichung, littéralement : l’aplanissement

2. Gœthe cite et discute le passage dela Politique (VII, 7, 1342a) où il est dit que certains chants sacrés, après avoir provoqué l’âme à une sorte de religieux délire, la laissent ensuite apaisée. Il reconnaît là quelque analogie avec la définition (car il est parlé dans les deux cas d’une excitation suivie d’apaisement), mais il voit une différence essentielle, en ce que les effets de la musique sont plus matériels. Il ne saurait identifier la médicalion dont parle Aristote avec la Katharsis telle qu’il la conçoit, c’est-à-dire avec la composition esthétique d’une matière (crainte et pitié) où l'esprit a plus de part que les sens. — Mais, de toute manière, il n’admet pas que la musique, non plus qu'aucun art, ait aucune action sur la moralité. Car il ne faut pas oublier que sa discussion vise l'interprétation morale du passage.

rapport des deux théories, il est juste de tenir compte de différences essentielles : Hegel pense qu’Aristote parle d’une purification de nos sentiments, en ce sens que nous n'éprouvons pas une crainte vulgaire, celle que provoque le visible et le fini, mais celle que peut nous inspirer une puissance morale éternelle et inviolable*.

Une interprétation analogue à celle de Gæthe est celle de Bernardakis, qui déclare d’ailleurs que « le génie du poète le poussait vers la vérité? ». Bernardakis traduit ainsi la phrase d’Aristote : « Par (ou : à travers) la pitié et la crainte, la tragédie mêne à sa fin l'expiation des faits de mal qui causent cette pitié et cette crainte » : d’après lui le mot ralhuarz ne désigne pas notre émotion, mais les maux éprouvés par les personnages et qu'expie l’auteur responsable : cette expiation, c'est la Katharsis*. Il est à remarquer tout d’abord que si certains mots sont rendus à peu près de même dans les deux explications", une différence capitale est dans la traduction de rutiusra : Gœthe, dit Bernardakis, a été trompé par la manière inexacte dont les héllénistes de métier entendaient les termes de la définition. Ce qu'il y a de commun à l’une et l’autre exégèse, c'est que la Katharsis est surtout dans le spectacle lui-même, ou dans l’économie de la pièce. Bernardakis qui — naturellement — voit là le grand mérite de l'interprétation de Gœthe, tend même à exagérer ce caractère. Gœthe, d’après lui, met « sur le théâtre, et non dans l'âme du spectateur », le changement opéré par la Katharsis. Par le fait, il ne donne pas à celle-ci tant d'objectivité : si le poète, dit Gœthe, a bien noué et dénoué sa tragédie, « les mêmes changements se produiront dans l’âme du spectateur : l'intrigue en se brouillant le brouillera, en s’éclaircissant l’éclairera..….. » Le sens donné par Bernardakis à rofrusrs le conduisait nécessairement à

1. Esthétique. De la tragédie (Bénard, t. V, p. 153 et suiv.).

2. To rorntendv Oarsévrov ToÙ l'otftou der adtoy noos rhv \fBerxv… Edit. des Phéniciennes, Prolégomènes, X4”.

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