‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 243 sur 270 · Cf. Weil, Etudes sur le drame antique, p. 157 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Weil, Etudes sur le drame antique, p. 157 et suiv

4. Par exemple à (étrangement traduit par Gæthe : nach einem Verlauf) et TEPXIVOUGA.

une interprétation plus objective. Mais l'apaisement par sacrifice humain, dont parle Gœthe, n’est pas très éloigné de cette idée d’ « expiation finale » que Bernardakis croit trouver dans la phrase d’Aristote.

Après avoir donné à l'interprétation de Gœthe sa signification et sa portée précises, ‘nous nous trouvons prémunis contre les commentaires qui tendraient à l’élargir et à la fausser. Il faut se garder notamment d'établir aucun rapport entre elle et deux passages des Wanderjahre qu’invoquent à l’envi les partisans de l'explication physiologique et leurs adversaires les esthéticiens. Quand Flavio paraît, les vêtements déchirés et couvert de fange, il est dit de cette apparition : « La mère et la fille étaient restées immobiles; elles avaient vu Oreste poursuivi par les Furies, mais non pas Oreste ennobli par l’art (nicht durch Kunst veredelt) : elles Javaient vu dans une hideuse et repoussante réalité‘ »; et nous lisons plus loin : « Ici la noble poésie pouvait encore montrer son pouvoir guérisseur : étroitement unie à la musique, elle guérit complètement les souffrances de l'âme qu’elle excite et suscite avec force, pour les dissiper ensuite en une douleur résolvante (in auflüsendem Schmerz verflüchtigt). » Par une ingénieuse combinaison de ces deux passages, Baumgart établit une théorie de la Katharsis qui s'accorde avec sa propre explication. Voici son raisonnement : pour que nos émotions soient purifiées (car c'est là l'effet de cet art qui ennoblif), il faut d’abord qu’elles soient fortement excitées; mais ce que l’art résout et dissipe ce n’est pas l'émotion elle-même, c’est la souffrance de l'âme, c’est-àdire ce qu'il y a de douloureux, d'impur, d’accidentel dans l'émotion. Que subsistera-t-1l donc une fois cette action produite? Ce sera l'émotion ennoblie, contenue, sereine, qui remplira l’âme en prenant la place de la « hideuse et repoussante réalité? ». Baumgart ajoute que l'essence de la. Katharsis d’Aristote, considérée comme une « purification psychique » ne saurait être mieux exprimée que dans ce

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