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moment — le sujet l'y invitant de lui-même — de traiter son Hélène en vraie tragédie d’après l'antique. C'est ce qu'il écrivait à Schiller’, en déplorant la nécessité où il se trouvait de « transformer en caricature » une si belle matière dramatique. En effet, dans la pièce populaire, Hélène, entre les bras de Faust, se transforme en un spectre de l'enfer, et Gœthe sentait que, bon gré mal gré, c'est d'une manière analogue que devrait finir son héroïne. Il ÿ a sans doute plus de poésie dans la façon dont elle disparaît en laissant à Faust sa tunique et son voile, mais elle n’est pas davantage un être vivant; elle n'est qu'un fantôme un peu plus symbolique. Il y avait là une nécessité à laquelle Gœthe ne pouvait échapper : l’Hélène du second Faust ne pouvait être qu’une ombre évoquée pour un temps, une « idée », non un personnage de chair et de sang. Mais, au défaut de la vraie vie, le poète devait lui donner une autre sorte de réalité, préparer et motiver son apparition, au lieu de faire surgir brusquement un fantôme, la faire naître devant notre esprit, sinon devant nos yeux. Elle n'était en effet qu'un « personnage d’intermède® » tant que le poète n’avait pas montré les conditions et les causes de sa résurrection : Gœthe la rendra plus réelle et fera d’elle une véritable « héroïne », en achevant les deux premiers actes”. En évoquant Hélène pour lamusement de l’empereur, Faust a été séduit et subjugué par cette admirable vision : il a voulu la saisir, mais elle s’est dissipée en fumée, car la beauté ne peut être conquise que par l'effort patient; c’est la science et l’érudition qui