II, p. 284 et suiv
On reconnaît sans peine dans certains détails des allusions satiriques au romantisme, à ses tendances politiques, au mysticisme où il va se perdre : c’est là le sens très transparent de cette « épée consacrée ».
L'action d'Hélène, dans la partie qui est proprement un morceau de tragédie, est très logique, et le fil de la pensée de Gœthe se laisse aisément retrouver. Il faut que son héroïne nous apparaisse après la guerre de Troie, afin qu'elle ait toute sa signification typique : il la verra donc chargée de malédiction, après son triste retour au foyer de Ménélas, et c'est bien ainsi, d’ailleurs, que la lui représentent ses souvenirs des Troyennes et de l'Oreste d'Euripide. Dans cette dernière tragédie, comme dans la pièce de Gœthe, Ménélas, en débarquant sur la terre grecque, ordonne à Hélène de le précéder dans le palais', et les Troyennes nous annoncent le châtiment qui doit frapper la coupable. Ménélas ordonne à ses esclaves de la traîner par les cheveux hors de la tente d’Agamemnon, et il embarque pour Argos « où la misérable périra misérablement, comme elle le mérite, afin que son exemple apprenne à toutes les femmes à se conduire honnétement*? ». On a pu rappeler aussi que la tradition poétique des Grecs connaissait, comme la légende de Faust, une Hélène-fantôme : Euripide fait raconter par un compagnon de Ménélas® comment cette fausse apparence d'Hélène a trompé les Grecs et les Troyens, et Gœthe a, naturellement, rappelé cette légende qui ne sert pas seulement à disculper son héroïne, mais à lui donner ce caractère irréel, ambigu, qu’elle a dans son drame.
Le personnage de Méphistophélès-Phorkyas est aussi d’une