V. 4227 et suiv
serein et l'harmonie. Avec une piétié louable, Düntzer” s’indigne d'entendre parler ici de « marionnettes » ; il n’admet pas non plus qu'on trouve ici de la « fantasmagorie », mais il est véritable pourtant qu'Hélène a été évoquée du séjour des formes, qu’elle s’envolera sous nos yeux, et qu'elle est, en somme, une conquête spirituelle de Faust, un idéal suscité en lui par un long voyage à travers le monde antique. Nous voilà bien haut par delà les personnages et les émotions de la tragédie!
L'idée de destinée reparaît à la fin, après la mort d'Euphorion, dans l’adieu d'Hélène? : « une parole ancienne, hélas, se justifie en moi, c’est que le bonheur et la beauté ne forment point d'union durable... » Mais combien d’autres idées, combien de symboles nous ont fait, dans l'intervalle, oublier les premières impressions. On sait d’ailleurs qu’ Hélène, dans la pensée de Gœthe, n’a pas toujours eu un dénouement tragique : elle devait finir d’une tout autre manière, quand la mort de Byron à Missolonghi vint changer le premier dessein. Gœthe rapprocha naturellement son Euphorion, symbole de la poésie moderne, de ce poète génial et passionné, « ni antique ni romantique, mais pareil au jour présent” ». Le combat pour la Grèce, d’une part, et d'autre part l'aspiration vers la poésie, vers l’amour et vers le déploiement d'une libre énergie, durent s'associer dans la pensée de Gœæthe. Et comme il avait une sympathie profonde pour « le plus grand talent du siècle‘ », en même temps qu'une reconnaissance émue pour l'admiration que Byron lui avait constamment témoignée (il venait précisément de recevoir, avec un retard de cinq ans [1826], la dédicace de Sardanapale, et Werner lui avait été également dédié)”, il voulut élever dans son élène un monument® au malheureux