Ibid., IL
3. Entretien avec Falk. Voir plus haut, p. 181. 4. V. 5375 et suivants.
fidèle attachement à Hélène, mérite de garder la personnalité. De nouveau nous nous éloignons et de la réalité et de la logique. Gœthe dit qu'il se donne le plaisir de faire rester sur terre les jeunes filles du chœur. Elles devraient, en bonne logique, retourner dans l'Hadès avec Hélène. Sans doute, nous devons entendre que le séjour d'en bas ne peut retenir ces « esprits » qui appartiennent à la nature vivante, sans cesse renouvelée : la mort n’est pour eux qu'un état passager, et leur place ne peut être au lieu d’immortalité qui garde les types immuables : ils sont trop vivants pour habiter les prairies d'asphodèles, trop peu pour séjourner parmi ceux qui vécurent fortement et pleinement, et qui restent de grands exemplaires de l'humanité; la mort les rend donc au courant de la vie universelle. — Maïs si la doctrine est bien déduite, comment expliquer cependant que les chorétides soient venues de l'Hadès avec Hélène ‘? Pourquoi y étaient-elles descendues? Gœthe eût répondu sans doute à ce sujet ce qu'il disait à propos d’une autre contradiction de son poème : « Si ce que crée la fantaisie ne posait pas d’éternels problèmes à l'intelligence, la fantaisie n'aurait vraiment pas grand chose?! »
Ainsi Gœthe s’'embarrasse peu de la rigueur logique, afin de développer, et de réaliser presque, une théorie qui lui tient à cœur. Il ne s’agit pas ici de vagues symboles et d'idées banales : il ne veut pas simplement nous faire entendre que la survie de l’homme est dans la durée deses actes, et son immortalité dans le don de lui-même à une fin qui le dépasse; non, il exprime sa croyance sur la destinée de l'homme, une vraie doctrine eschatologique. Et cette doctrine, ou plutôt ce rêve, n'est qu'une très libre transposition de certaines idées spinozistes. « Celui qui ne s’est acquis aucun nom, qui n'a pas de nobles désirs, celui-là appartient aux éléments ? » :
4. La Phorkyade, dans la scène de dispute, ne ménage pas les allusions à cette origine : « zum Orkus hin! da suche deine Sippschaft auf! », v. 4203.