Cf. v. 4871 et
vY
La recherche de la symétrie ne se montre pas seulement dans les parties lyriques, mais dans le drame tout entier, qui est conçu selon le système que Gœthe applique avec persévérance pour obtenir le maximum d'effet plastique : équilibre - des tirades, attitudes expressives, tour sentencieux. Le dialogue s’aiguise souvent en stichomythies : des tétramètres trochaïques opposent leurs hémistiches en deux ripostes', et le dialogue ordonne symétriquement des groupes de 2, 4, 6 et 8 vers, soit consécutifs, soit séparés par un court intervalle?. Dans la querelle entre la Phorkyade et le chœur la stichomythie s'accompagne d’un jeu de scène : les six jeunes filles qui forment le demi-chœur chantant à la tête duquel est la coryphée s’avancent successivement pour apostropher la Phorkyade®. Aïlleurs, la danse se marie au chant : Euphorion et le chœur forment de gracieuses rondes, tandis que Faust contemple et décrit son fils avec tendresse : nous voyons ses bras qui se meuvent harmonieusement, sa chevelure bouclée qui s’agite et brille dans la lumière, ses pieds qui glissent légers sur le sol, ses mouvements souples et bien enchaïnés *. Toute cette scène est d’un effet vraiment plastique, et la même impression est produite de différentes manières dans tout le cours de la tragédie. Nous l’éprouvons quand le chœur chante la naissance d'Hermès, cet espiègle bambino aux membres souples et nerveux; quand Euphorion, s’emparant d'une chorétide, « entraîne l'enfant mignonne et drue pour une jouissance conquise de force * »; dans la bacchanale de la fin, qui n'est qu'une suite de bas-reliefs. Mais si le caractère
2. V. 4362 et suivants : deux groupes de 8 vers (Phorkyade) séparés par 2 vers (Hélène).
3. Comme la coryphée commence et finit le débat, la Phorkyade riposte huit fois, et l'ensemble comprend seize vers. — G. Hermann attribuait aux quinze choreutes chantantsuccessivementles xépyarad’un chœur d’Ion (184-236). Gæthe se souvenait-il de cette division (qui n’est plus admise aujourd’hui) ?