‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 260 sur 270 · V. 5143 et suivants · texte numérisé non relu

V. 5143 et suivants

5. Schleppe ich die derbe Kleine | zu erzwungenem Genusse. V. 5182 et suivants.

essentiel de la forme plastique est — comme on l'a vu — l'expression typique de la vie dans une unité rigoureuse, ce caractère est plus particulièrement sensible dans les attitudes que le poète fixe et prolonge sous nos yeux, en appuyant, pour ainsi dire, sur l'effet. C’est, par exemple, l’effrayante apparition de la Phorkyade : lorsque Hélène entre dans le palais, elle aperçoit près des cendres du foyer « accroupie sur le sol, une grande femme voilée, comparable non pas à une dormeuse, mais à une songeuse ! »; la reine se détourne et veut s'éloigner, « mais le monstre s’arrache aussitôt du sol : impérieux, il barre le chemin, et se montre en sa grandeur décharnée, avec son regard creux, voilé de sang, en sa forme étrange, faite pour égarer l’œil et l'esprit ». Plus loin, quand la Phorkyade annonce que Ménélas veut sacrifier la reine et pendre ses suivantes, c'est Gœthe lui-même qui, dans une note de mise en scène, nous signale le tableau vivant : Hélène et le chœur, immobiles de stupeur et d’effroi, forment un groupe expressif, harmonieusement disposé ?. Le rôle de la Phorkyade fournit encore des motifs analogues, lorsqu'elle s'avance en élevant dans ses mains la lyre et le manteau d'Euphorion, ou lorsqu'elle se dresse gigantesque dans le proscenium, pour commenter la pièce en manière d’épilogue.

La figure effrayante de la Phorkyade et la fougue indomptée d'Euphorion ne font que mieux ressortir l'idéal de mesure et de sereine beauté qui est la fin toujours présente de la tragédie d'Hélène, et qui lui donne sa vraie signification. Les trimètres iambiques n’ont plus la vive allure, l'air « agissant » de leurs modèles grecs : alentis par des composés descriptifs et épiques, il donnent en général l'impression d’un bercement calme, ils nous entraînent moins dans l’action qu'ils ne nous attardent à la beauté des paysages, des formes, des attitudes. De là, quelquefois, leur air trop tranquille et compassé. Lorsque Panthalis voit revenir à pas précipités la reine, que . vient d'épouvanter la Phorkyade, elle s'adresse ainsi à ses compagnes : « Quittez maintenant des chants le sentier envi-

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