‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 29 sur 270 · Septembre · texte numérisé non relu

Septembre

3. Voir notamment : Dictionnaire philosophique, ART DRAMATIQUE : « Le théâtre anglais fut très animé, mais le fut dans le goût espagnol : la bouffonnnerie fut jointe à l'horreur. Toute la vie d’un homme fut le sujet d’une tragédie : les acteurs passaient de Rome, de Venise en Chypre; la plus vile canaille paraissait sur

élait moins dans l'introduction du comique que dans le genre et le ton de ce comique. Les Grecs, dans les scènes de ce genre, se tenaient de très près à la réalité : ce n'était pas une sorte de revanche donnée à l'imagination ; le comique était plutôt dans le naturel ou dans la naïveté du langage, il consistait même parfois en de simples nuances d'expression. Tout autre est celui de Gætz, qui est conçu, pour ainsi dire, selon les formules shakespeariennes. 11 peut sembler paradoxal de parler de formules à propos de scènes où la fantaisie paraît dominer : c'est pourtant des « reliefs » de Shakespeare qu'est fait le personnage de Liebetraut. « Les jeunes poètes, disaient les Annonces savantes de Francfort, peuvent apprendre de Shakespeare ce qu'on peut faire des fous et des clowns, quand on a de la tête‘. » Gœthe montre qu’on en peut faire de vrais sages, à qui leur frivole apparence ôte tout air de pédantisme et chez qui l'imagination corrige ce que le bon sens peut avoir de morose ou de renfrogné. Liebetraut a bien « mission de dire des vérités », mais il le fait en humorous man : ses discours sont tout semés de subtilités, de saillies, de jeux de mots, de propos ironiques et égrillards, et il n’est presque aucun trait du personnage, aucun détail des scènes où il paraît dont on ne puisse trouver le modèle dans Shakespeare. Ces emprunts se trouvent très exactementrelevés dans les excellentes études que Minor et Sauer ont consacrées à Gætz°. C'est le duel d'épigrammes entre Liebetraut et Oléarius conduit à la manière shakespearienne, chacun des interlocuteurs cherchant à renchérir sur l’autre « jusqu'à ce qu'un tiers ou l’un des adversaires reproche à l’autre d’avoir l'esprit

le théâtre avec des princes, et ces princes parlaient souvent comme la canaille ». — A propos d’une édition de Shakespeare où Ben Johnson jusüfiait le grand poète, qui, « content d’avoir peint la figure, avait négligé la draperie », Voltaire disait encore : « La comparaison serait plus juste s’il parlait d’un peintre qui, dans un sujet noble, introduirait des grotesques ridicules ». Et, à propos du mot d’Hamlet : « Je n’ai pas entendu une souris trotier » : « Sachez que les Francais admeltent le simple, et non le bas et le grossier ». — Voir aussi les Leltres sur les Anglais.

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