Frankfurter gelehrte Anzeigen, T avril 1772, p
2. Studien zur Gæœthe Philologie von J. Minor u. A. Sauer. Wien, C. Konegen, 1880, p. 265-271.
trop tranchant ou trop obtus »; ce sont les traits satiriques à l'adresse du temps présent '; la manière dont Liebetraut voit en imagination l'inventeur du jeu d'échecs, de même que Mercutio se représente le pacifique Benvolio en spadassin; c'est une réplique d’Adelheid à Liebetraut, analogue à celles que s'attirent souvent les plaisants de Shakespeare : « Je voudrais, lui dit-elle, que vous vous fissiez raser avec votre esprit : Vous sentiriez comme il est ébréché ? »; c'est la plaïsanterie sur «les cornes » que mérite Liebetraut, et le jeu de mots, fort risqué, de celui-ci*; ce sont, enfin, certaines tournures, certains cadres de développements familiers à Shakespeare; Minor et Sauer font justement observer, par exemple, que le poète anglais amène volontiers, au moyen de la tournure : « J'aimerais mieux... que », les idées et les images les plus folles; qu'on se rappelle, à ce sujet, la tirade de Liebetraut : « J'aimerais mieux entendre les lamentations de la cloche des morts... etc. » L'énumération qui suivait la réponse d'Adelheid : « Avec modestie », parut sans doute à l’auteur trop directement imitée de Shakespeare, car il la supprima dans la seconde rédaction du drame. Liebetraut énumérait, en les marquant d’un trait distinctif, les diverses modesties, celle de l’écolier, du courtisan, de l’amoureux, du fiancé, du soldat. C'était la dialectique bavarde“ du Bénédict de Beaucoup de bruit pour rien, du Jacques de Comme il vous plaira, où de Mercutio disant les songes, variés suivant les professions, de ceux que visite la reine Mab. Ce genre de comique porte même sa date; on a dit avec raison qu'il faut sans doute y voir un écho de la satire des divers états, fort à la mode à l’époque de la Réforme.
Ce mélange du comique et du tragique était partie essentielle de la conception du drame moderne qui se propose de
1. « Seitdem die Verdienste unserer Vorfahren mit ihren Portraits zu einerlei Gebrauch dienen, die leeren Seiten nemlich unserer Zimmer und unsers Charakters zu lapezieren. »