‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 38 sur 270 · S. Schultze. o. l., Gœthe in Frankfurt, p · texte numérisé non relu

S. Schultze. o. l., Gœthe in Frankfurt, p

sième acle, par exemple, le rideau devrait se lever vingt et une fois‘!

Gœthe ne tarda pas à sentir ce qu'il y avait d'excessif et d'irréfléchi dans cette rupture avec la conception classique du drame, dans ces bravades d’où sortait une œuvre livresque, plus incapable d'affronter la scène qu'une méchante copie des tragédies françaises. La pièce est à peine achevée, et il a déjà le sentiment « qu’elle n’est rien de plus qu'une esquisse ». Il songe dès lors à la remanier, « à la purifier de ses scories ». À Wetzlar il s'occupe déjà de ce remaniement, qui est terminé en février 1773. L’étude qui précède nous a donné l’occasion de signaler certains changements importants?. La différence des deux premières rédactions peut se résumer brièvement ainsi : suppression de motifs et de scènes qui, vers la fin du drame, rompent l'équilibre au profit d'Adelheid; réduction des intrigues galantes dont Adelheid est l'héroïne; effort constant pour enchainer et motiver les événements; atténuation de ce que la langue et le style ont de rude et parfois de grossier. Comment Gœthe a-t-il pu se rendre.compte si vite et si nettement des défauts de son drame? Minor et Sauer ont très bien montré le changement qui s'opère en lui, précisément à cette époque : sa personnalité s'affermit grâce à l'influence de Herder et les modèles classiques épurent sa conception de l'art : « C’est la même évolution, dans des proportions plus restreintes, par laquelle Gœthe devait passer encore une fois, la transformation qui, de l’auteur de Gœtz et de Werther, fit naître le poète d'Zphigénie et de Tasso. Mais ce qui plus tard devait

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