Le texte dit Keine Ader, D. J. G., IL
reconnaître que nous sommes « gâtés », et bien éloignés de la simplicité de la nature; qu'il a été forcé « d’embellir Alceste aux dépens de la nature et de la vérité »; que telle scène d'Euripide, par exemple celle des adieux d’Alceste à la maison de son époux, nous « dédommage » de ce que nous fait perdre une faute du poète grec; qu’il a laissé les chœurs, ne se sentant pas assez de souffle pour rivaliser avec Euripide; mais ces éloges sont le plus souvent atténués par quelque restriction, et l’impression en est complètement effacée par les critiques, souvent railleuses, dont les lettres sont remplies. Wieland se félicite d'éviter les amplifications d'école, ou de posséder l’art de la concision, qui vaut mieux que toute la belle rhétorique d’Euripide. Il est même tel passage où sa critique lui fait encore moins d'honneur que tout ce que Gæœthe a pu relever contre lui. Je veux parler de la manière dont il parodie le dialogue lyrique qui s'engage entre Admète et le chœur après la cérémonie funèbre!. Il se moque de cet échange de gémissements éloquents et de « platitudes », et déclare ne pas comprendre « comment faisaient les Athéniens pour trouver beaux ces Antistrophica ». Il en donne d’ailleurs un échantillon, maïs en traduisant de telle sorte que le texte paraisse aussi plat qu'il se peut”. Il analyse tout le passage dans le même esprit, et, après avoir rappelé, non sans ironie, les exclamations de douleur par lesquelles Admète répond, dans l’antistrophe, à chaque vers du chœur, il ajoute, comme dernier trait : « Admettez maintenant que la musique des Grecs n'ait été rien de mieux que ce que Meibom en fait, et représentezvous alors l'impression que peuvent bien avoir produite cette strophe et cette antistrophe!t » Ces réflexions d’un vrai Barbare sembleraient intolérables si elles n'étaient presque sauvées par un accent naïf et sincère : l’auteur ne craint pas de dire que « si la comparaison ne tourne pas toujours à l'avantage d'Euripide, on doit du moins lui épargner le