‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 56 sur 270 · Uns zu necken u, zu neidschen. D. J. G., I, p · texte numérisé non relu

Uns zu necken u, zu neidschen. D. J. G., I, p

dont Wieland se prévaut, nous voyons tout d'abord qu'il se félicite de n'avoir pas fait du dévouement d'Alceste un événement connu de la Thessalie tout entière, et que n'ignore pas Hercule lui-même’, qui revient de lointains pays. Euripide nous prive, dit-il, de la scène très émouvante où Alceste, que l'attente de l’oracle tient d'abord suspendue entre la crainte et l'espoir, prend la sublime résolution du sacrifice. Pour obtenir cette scène, Wieland a dû beaucoup s'écarter de la pièce grecque, mais il déclare que, « sans elle, il n'aurait pas voulu composer d’Alceste »; il trouve que son exposition est ainsi singulièrement plus vivante que si quelque officieux personnage nous mettait au courant de ce qui se passe au palais d'Admète : dans cette scène entre Alceste et Parthénia rien n’est dit pour le spectateur; notre héroïne ne laisse pas à sa sœur le temps de combattre sa décision pour donner au poète l’occasion de placer de belles sentences; sa résolution est soudaine ; elle s’agenouille, et se voue aux dieux infernaux. Wieland énumère complaisamment les avantages de cette conception; il en est deux qui ne sont pas, en effet, sans conséquence : les choses se passant de la sorte, on évite qu'Admète consente au sacrifice : ce sacrifice se fait à son insu, et ce qui peut sembler équivoque dans le caractère du personnage est très heureusement écarté. Cette répugnance à mettre en scène un Admète qui prétende nous intéresser à son deuil, quand son amour de la vie en est la seule cause, est l’occasion des plus vives attaques de Gœthe. Nous y reviendrons plus loin. Quoi qu'on doive penser de ces attaques, le plan de Wieland a du moins l'avantage de ne pas choquer le spectateur moderne, sans faire non plus trop de violence aux mœurs grecques”, car son innovation consiste surtout à faire que la résolution d’Alceste soit prise à l’insu d'Admète. Elle nous vaut aussi une assez belle scène, dont il s'applaudit avec raison. Au début du II° acte, Admète sent la vie lui revenir : il ignore la cause de cette résurrection, car

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