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tout cela nous fait comprendre le caractère particulier d’une pièce qui devait reposer le spectateur des violentes émotions de la tragédie proprement dite. | De ce caractère de l’A/ceste Wieland a eu, par moments, une sorte d'intuition. Dans un passage de la V° lettre‘ auquel nous avons déjà fait allusion, reprochant à Admète la manière égoïste dont s'exprime ‘sa douleur : « Oui, dit-il, tout ce langage est nature, mais nature grossière, à la Van Ostade. Et n'allons pas en rejeter la faute sur les Grecs, non plus que sur la simplicité du siècle, comme l'a fait Brumoy. Eschyle et Sophocle étaient aussi des Grecs, et Euripide lui-même n'est-il pas, quand il le veut, un créateur presque aussi grand de figures idéales? » Bien que Wieland soit, dans cette lettre, fort injuste pour Euripide ?, les réserves qu'il fait sont tout à son honneur : il juge sainement l’A {ceste et voit bien que, dans son ensemble, la pièce ne peut passer pour exprimer fidèlement l'idéal grec de grandeur héroïque et de vertu. Aussi s’explique-t-on sans peine le jugement de Lessing rapporté par Jacobi* : Gœthe, selon Lessing, avait montré dans cette farce « qu'il était beaucoup plus éloigné que Wieland de comprendre Euripide; ses idées étaient un pur non-sens, de vraies insanités; Wieland était impardonnable de ne pas l'avoir, dès lors, mis en lumière ». On a dit que ce jugement était au moins aggravé dans la forme par Jacobi, mais Seuffert fait observer avec raison qu'il est trop fondé pour qu’on ne le croie pas authentique. En effet rien n’eût été plus facile à Wieland que de riposter à Gœæthe et de réfuter une critique d'impression si peu solide par des arguments que sa connaissance plus sérieuse de l'antiquité lui eût fournis en abondance. Pour nous qui, grâce à la didascalie publiée par Dindorf, comprenons mieux aujourd'hui le vrai caractère de la pièce grecque, Gœthe qui voit dans Admète le modèle ‘accompli du héros grec, et qui prend l'Héraklès des drames