Acte IT, in fine
3. Voir, à ce sujet, notre article Mime grec dans le Dictionnaire de Daremberg-Saglio, 34° fasc., 1903.
4. Nous savons qu’un joueur d'instruments à cordes accompagnait l’hilarode, mais nous ignorons la part de la déclamation et du chant dans cet Alex. erotic
fragment qui est écrit, selon les uns, en vers lyriques, selon d’autres en prose rythmique. Cf. H. Weil, Études de litt. et de rythmique grecques, p. 82 et suivantes,
122 VERS L'ART ANTIQUISANT.
quelque façon de la tragédie. C’est le cas de ces dramolets lyriques qui eurent tant de vogue en Allemagne au xvur' siècle.
On les rattache généralement au Pygmalion de J.-J. Rousseau. Cette scène de déclamation accompagnée de musique, écrite en 1762, représentée à Lyon en 1770 avec la partition de Coignet, imprimée à Vienne en 1774 et mise en musique par Schweizer, puis par Georges Benda ‘, avaiteu en Allemagne un très grand retentissement. Gœthe en avait admiré d’abord la vérité de sentiment et la sincérité d'expression ? : il fit, plus tard, de très justes réserves sur le sujet lui-même : « Nous voyons-là, disait-il, un artiste qui a produit l'œuvre la plus parfaite, et qui pourtant ne se trouve pas satisfait d’avoir donné forme d'art à son idée, de l’avoir fait vivre d’une vie supérieure; non, il faut qu’il l’abaisse jusqu'à lui dans la vie terrestre, et l’œuvre suprême de l'esprit et de l’action, 1l veut la détruire par l'acte le plus vulgaire de Sensualité? ». Il reconnaît néanmoins que ce petit ouvrage « à fait époque », et en effet le monodrame pathétique paraissait tout à fait propre à faire valoir de grandes actrices. Selon l'expression d'E. Schmidt", un vrai déluge de ces pièces couvrit l’Allemagne après le grand succès de l’Ariane de Brandès et de la Médée de Gotter. Brandès, pour donner à sa femme une occasion de déployer toute sa virtuosité, avait remanié la cantate de Gerstenberg, Ariane à Naxos : le modèle ne s’en trouvait guère embelli, mais le rôle offrait tous les effets souhaitables.
1. Voir A. Kôster, Das lyrische Drama im 18ten Jahrh. (Preussische Jahrbücher, 1891, t. 68, p. 188-202). J.-J. Rousseau avait écrit lui-même pour sa scène lyrique un andante et un andantino; le texte de son monologue était divisé en 27 parties d’inégale longueur. Il voulait que le compositeur, par des entr’actes appropriés, préparât chaque fois le spectateur aux sentiments exprimés dans la suite. Schweizer suivit ses prescriptions, Benda n’en tint pas compte.