‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 8 sur 270 · Voir plus loin, p · texte numérisé non relu

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tote !. Certain détail de Dieux, Héros et Wreland nous prouve qu'il a sous les yeux non le texte original d'Alceste mais une traduction latine. Pourtant certaines expressions suivent d’assez près le texte grec, et l’on a pu signaler telle d’entre elles qui reproduit assez fidèlement l'original et non la traduction française, assez libre en ce passage”. Dans son voyage en Italie Gœthe ne lit pas seulement des traductions des Tragiques : une lettre adressée de Venise à Herder (octobre 1786) contient une citation des trois derniers vers d'Ajax%. Nombreux sont les indices qu’on pourrait ainsi recueillir, mais ce qui nous montre surtout que Gœæthe se reporte aux textes originaux, c’est la manière dont sa langue et son style s’inspirent et se pénètrent du génie grec, en suivent les habitudes et les démarches. Il ne recueille pas seulement « des miettes de la table somptueuse des anciens »; son imitalion de l'antique enrichit la langue d’une multitude de figures et d'images; l’ordre des mots devenant plus libre, la construction ne gagne pas seulement en souplesse ; elle reçoit encore comme un reflet des modèles antiques qui lui prête à la fois du charme et de la noblesse; enfin le génie synthétique de la langue permet au poète d'emprunter au grec des mots composés ou d'en former un grand nombre à son imitation. Nous reviendrons plus d'une fois sur cette question très importante : nous n’en voulions retenir pour le moment que ce qui peut nous renseigner sur la manière dont Gœæthe entendait et lisait le grec.

C'est, on se le rappelle, sous forme de conte que Gæthe enfant mit d'abord en œuvre le butin mythologique qu'il tenait du Pantheon mythicum de Pomey* et de l'ouvrage de M. de Lœw intitulé Descraption de la Conquéte du Royaume

1. Cf. p. 382, le sens qu'il attribue à 54° )éovu xai o66ov (Nach einem Verlauf vor Mitleid und Furcht).

2. "Orov 60 Éyyoc xpardc &yvion tptya (Alceste, 16.). Brumoy avait traduit : «ceux dont il a une fois coupé la chevelure »; Gœthe rend, au contraire, bien plus exactement, le grec &yvi£euv par abweihen. — Voir Morsch, Gœthe und die griechischen Bühnendichter (page 6).

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