Voir Schlæsser, art. cité
dans le Fragment. Polymétis va révéler le double attentat de Lykus, mais il ignore un fait que tout lecteur tient pour évident, c'est qu'il ÿ a eu subtitution d'enfants, et qu'Elpénor est le fils d'Antiope. Un vers, déjà cité, prouve nettement qu'il lignore : « Ne point parler, dit-il, c’est faire triompher la plus. infâme trahison ». Ce triomphe, ce serait le fils de Lykus mis en possession de ce qui revenait aux victimes de son père. Le vers n'aurait aueun sens si Polymétis connaissait la substitution‘. Le vieux courtisan pourra donc déchaïner les événements, mais non pas faire la révélation qui doit amener la scène de reconnaissance et précipiter le dénouement. Nous verrons plus loin à quel personnage ce rôle pouvait être départi. À qui Polymétis va-t-il s'adresser? Ce ne sera point — pour plus d'une raison — à Elpénor. Zarncke a fort bien vu que la révélation doit être faite à Antiope; mais comme cette hypothèse n’est pas sans soulever quelques difficultés, il admet, de la façon la plus étrange, qu'Antiope arrêtera Polymétis dès les premiers mots, et le renverra au prétendu fils de Lykus. L’ingénieux critique se réfère à la sixième scène du premier acte où Antiope se dit purifiée de la souillure que laissent après elles les Furies vengeresses ?. L'argument est spécieux, mais c’est faire peu d'état de la passion. Comment supposer que cette femme, dont on a tué le mari et enlevé le fils, montrera semblable patience, au lieu de recueiHir avidement le secret de son double deuil? Il faut renoncer à ce subterfuge, si expédient qu'il soit. Nous pouvons nous représenter ainsi la scène entre Polymétis et Antiope : « Lykus, dira le courtisan, est le meurtrier de ton mari, et c’est lui qui a fait enlever ton fils pour s'assurer la possession absolue du pouvoir. Ce fils vit peut-être encore. La crainte m'avait fait jusqu'ici garder le silence, mais aujourd’hui je veux délivrer ma conscience, en te faisant