‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 90 sur 270 · Lettre à Knebel, du 3 mars · texte numérisé non relu

Lettre à Knebel, du 3 mars

2. Notamment O. Pniower, dans ses Remarques, p. 348. Pour Victor Hehn (Gæthe-Jahrb., VI, p. 207 et suiv.) notre fragment est une des plus belles œuvres de Gæthe et de la littérature allemande.

144 VERS L'ART ANTIQUISANT.

passages où la profondeur et la délicatesse du sentiment se revêlent de la forme la plus pure; puis, tranchant sur ces teintes douces et nuancées, les couleurs sombres qui peignent l'horreur du crime et la fureur de la vengeance, rappelant quelques passages des Choéphores; certains détails, enfin, conçus d’après les rites grecs eux-mêmes et devenant des motifs symboliques, comme la purification par laquelle Antiope se lave de la souillure que lui imprimaient les Érinnyes. Voilà ce que Gœthe devait, en effet, à de bons maîtres, mais ce n’était là que la forme extérieure du drame ; la matière elle-même lui résistait, comme on l’a vu, et, d'autre part, ce qu'il pouvait y avoir en elle de plus attirant pour Gœæthe, le tableau d’un affranchissement moral, d’une « purification » était le sujet même d'/phigénie, dont la première rédaction est antérieure à Ælpénor.

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