‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 94 sur 270 · V. 998 et suivants · texte numérisé non relu

V. 998 et suivants

2. Remarquons cependant que Théonoé ne reculera pas devant un pieux mensonge (v. 1370 et suivants).

crimes : la purification d’Oreste étant, en effet, toute matérielle, il importe peu de connaître les sentiments ou les actes qui causèrent les malheurs de Tantale et de ses descendants; pour la même raison, le meurtre de Clytemnestre est très brièvement rappelé. Ce sont les fables d'Hygin‘ que Gætbe a suivies, notamment dans lesrédactions À, B, C, pour le récit des crimes des Tantalides depuis le rapt d'Hippodamie jusqu’au festin d'Atrée.

Ce qui est dit de la mort d'Agamemnon, dans le récit de Pylade, au n° acte, est directement inspiré d'Eschyle?. Gæthe suit également le poète de la Trilogie en faisant de ce meurtre un acte de vengeance. On sait que, dans Homère, la mort d’Agamemnon est une conséquence du trouble que jette dans les villes de la Grèce l'absence des princes et des chefs de familles; ce sont les Cypriaques qui donnent pour la première fois un récit du sacrifice d'Iphigénie; dès lors un changement se produit dans le rôle et les sentiments de Clytemnestre : c'est pour venger sa fille qu’elle frappe Agamemnon de sa propre main. Cette tradition, que nous trouvons dans Eschyle (A9g., v. 1415 et suivants), avait pour l’auteur tragique lavantage de motiver l'action de Clytemnestre et de montrer l’enchaînement des crimes dans la maison des Tantalides. Gœthe l’adopte pour ces raisons mêmes, à cette différence près que, dans le récit de Pylade, c’est par Egisthe qu'Agamemnon est frappé : il faut supposer que Gœthe voulait atténuer l’inhumanité qu'Eschyle donne au personnage de Clytemnestre, et que le sujet d’Zphigénie ne comportait pas. Ou peut-être laisse-t-il prédominer ici les souvenirs de Sophocle, chez qui le rôle d’'Egisthe est moins passif*.

Dans le récit d'Oreste (11, 1), qui va du meurtre d’Agamem-

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