Choéph., 707 et suiv.; Gœthe
3. Dans les Choéphores, c’est Pylade qui fait cesser l’hésitation d’Oreste en lui rappelant ses serments et les oracles de Loxias. — Nous n’avons fait ici que les rapprochements qui nous paraissent essentiels : on en trouvera d’autres, pour certains points de détail, dans la dissertation de Morsch (p. 24-25), qui compare notamment 1027-9 avec Euripide, El., 317, et 2087-8 avec El., 573; — 1239 et suiv. avec Choéph., 908, Sophocle, El., 1410, Euripide, El., 1215. — II est à remarquer que les signes physiques qui font reconnaître Oreste à Iphigénie (la triple étoile dans la main droite, la cicatrice qui partage les soureils) sont mentionnés par Gæthe non dans la scène de reconnaissance, mais seulement à la scène vi de l’acte V (v. 2082 et suiv.). Gœthe ne rejette pas ces preuves matérielles, mais il ne s'en sert que comme d’une sorte de confirmation, ce qui est tout à fait heureux.
elle dit la part qu'elle a prise au meurtre en encourageant son frère et en l’aidant à diriger le glaive*.
Dans les tragédies grecques dont il vient d’être question, Gæthe ne pouvait puiser que des données antérieures à l’ac tion de sa pièce. Si nous comparons maintenant son {phigénie et celle d’Euripide, en ne considérant d’abord que leur structure et leur économie générale, nous constatons des différences très profondes dont l’origine est dans la nature et le dessein mêmes des deux tragédies. L'une est, à tout prendre, une tragédie d'’intrigue, l’autre est un drame psychologique conçu d’après un idéal de simplicité, et d’où les moyens extérieurs sont exclus dans la mesure du possible. Les personnages, dans la pièce allemande, sont en nombre plus restreint? : Gœthe n’emprunte pas à Euripide le personnage du bouvier qui annonce à Iphigénie- que deux Grecs viennent d’être pris : c’est Thoas lui-même qui le dit à la prêtresse et qui lui donne l’ordre de les tuer, quand ses refus l'on fait revenir à la coutume barbare; chez Euripide, un messager vient, au commencement de l’exodos, avertir le roi de la fuite d'Iphigénie et des deux Grecs : chez Gœæthe l’aveu d’Iphigénie (V, 3) rend ce message inutile; toutefois, au commencement de l'acte V, Arcas fait part à Thoas des soupçons que lui inspirent les prisonniers et la prêtresse. Ce personnage d’Arcas” n’est pas un simple comparse, introduit pour la commodité de l'intrigue : il est, à plusieurs reprises, l'interprète des sentiments de Thoas, trop replié sur lui-même et d'humeur trop impérieuse pour savoir ménager des discours‘. Enfin la pièce de Gæthe, où l’action divine est tout intérieure, ne fait pas intervenir un dieu de la machine :