‹ GoetheChapitre 6 sur 24 · TT · texte numérisé non relu

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subir les épreuves de la licence en droit, puis retourner à Francfort. La thèse, inspirée des doctrines de Rousseau, qu'il avait soumise à la Faculté, avait été refusée à cause de la hardiesse de ses idées. Il passa donc son examen sans thèse, comme on pouvait le faire, au mois d'août 1771. Ilfit ensuite une dernière visite à Sesenheim : « ce furent des jours pénibles ; lorsque je lui tendis une dernière fois la main, elle avait les yeux pleins de larmes et moi-môme j'étais fort désespéré. »

Cette fois Gœthe réintégrait la maison paternelle dans un meilleur état de santé morale et physique que trois années auparavant. Sans perdre de temps, son père le fît inscrire au barreau de Francfort, et Gœthe commença à exercer en qualité d'avocat consultant. Cette profession n'absorbait qu'une bien minime partie de son temps. Bien que quelques avocats, amis de sa famille, lui cédassent de temps en temps un de leurs clients, la clientèle n'était pas nombreuse ; en outre, Gœthe s'en occupait le moins possible; c'était son père qui en réalité faisait toute la besogne, heureux de trouver l'occasion de mettre à profit ses sérieuses connaissances juridiques. Il étudiait les questions, préparait les arguments, formait le dossier qu'il apportait à son fils. Celui-ci prenait aussitôt la plume et, en quelques heures, rédigeait un mémoire avec une facilité qui causait au conseiller un étonnement toujours nouveau. Gœthe avait donc des loisirs pour s'occuper de poésie et de littérature. Il s'y adonna avec passion ; car toutes ses hésitations avaient disparu. Frédérique avait éveillé définitive-

ment sa verve lyrique ; le plus grand critique que l'Allemagne possédât alors, Herder, lui avait enfin révélé tout un idéal nouveau de poésie et avait ouvert à son génie un vaste champ, où il pouvait se déployer dans la plénitude de sa force et de sa liberté.

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