‹ Goniométrie Articulaire: Contribution à l'étude et à l'évaluation des ankyloses et des raideurs articulaires par les mesures goniométriquesChapitre 27 sur 36 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

MÉTHODES ET APPAREILS D’ÉVALUATION LA GONIOMÉTRIE DESCRIPTION DES ‘APPAREILS

De nombreux auteurs, ont établi des barèmes qui donnent des chiffres repères ayant une précision suffisante, toutefois ces chiffres donnés par des auteurs différents présentent souvent d’assez grands écarts. Cela provient de la méthode employée pour évaluer l'amplitude articulaire et des appareils utilisés.

Étudions donc les principales méthodes et les divers appareils qui ont été préconisés jusqu’à ce Jour.

Les premiers procédés décrits, Pont été par Alquier, Broca, Colollan, Guillaumet mais ces auteurs négligèrent dans leurs études la variabilité des masses musculaires et n’étudièrent que l’amplitude des mouvements des articulations en charnières.

La goniométrie articulaire avant de devenir méthode scientifique, fut au début surtout représentée

par des méthodes simplistes, dont la subjectivité

Note

laissait place à des erreurs parfois considérables.

L'évaluation de l’amplitude d’un mouvement à l'œil, ne permettait aucune rigueur mathématique, bien plus les évaluations déjà très différentes pour des auteurs différents, montraient mêmes des écarts considérables, pour deux évaluations faites par le même auteur à un certain temps l’une de l’autre.

Puis on proposa de projeter sur un plan l’angle formé par deux segments de membres adjacents et de mesurer cet angle avec un rapporteur. La projection elle-même était obtenue en faisant mouvoir Particulation et en notant les positions extrêmes des seoments sur un plan fixe tel qu’un mur ou une table.

Ensuite apparurent les appareils d’évaluation dont le premier fut le compas. C'était un simple compas de bois dont l’articulation devait correspondre au centre de larticulation examinée. Une des branches était appliquée sur le segment supérieur du membre qui restait immobile, tandis que lautre branche suivait les déplacements du segment inférieur mobile. La lecture de l’écartement des branches, représentant l’amplitude du mouvement articulaire se faisait avec un rapporteur qui pouvait être Indé-

pendant ou fixé au compas (Kirmisson 1879).

GoNODIAMOMÈTRE DE THorLe. — Un perfectionnement fut apporté ensuite par Thoele; avec son

gonodiamomètre.

Il se compose de deux longues branches, articulées

Es nee

au centré d’un cercle gradué, et les pointes de ce com- pas sont recourbées en dehors. C’est un appareil qui peut donc servir à la fois de goniomètre (les pointes étant en dehors) et de compas d’épaisseur, lorsque Von a fait tourner chacune des pointes recourbées de ce eompas pour les amener au contact l’une de l’autre. Le cercle au centre duquel s’articulent les deux branches porte deux graduations donnant la mesure

des angles dans l’un ou l’autre emploi.

GoniomèTre DE Miirer. — Une autre utilisation du compas et du rapporteur est réalisé par le goniomètre de Miller. Il est constitué par deux demicercles de même rayon pivotant l’un au-dessus de l'autre autour de leur centre commun et pouvant se superposer rigoureusement. L’un des demi-cercles est gradué en degrés de 0 à 180 et de 180 à 00, les deux graduations se superposant, de sorte qu’en plaçant l’articulation au centre et en appliquant chaque rayon des cercles sur le segment du membre correspondant il est possible par une seule lecture de con-

naître l’angle d’excursion et l’angle supplémentaire,

Méraope pe Desrosses Er Durey. —- En 1909, dans un travail sur les mensurations chez les accidentés du travail, MM. Desfosses et Durey, proposèrent une méthode basée non sur l’application d’un appareil, mais sur l’emploi de plusieurs procédés faciles à mettre en œuvre. Les auteurs faisaient

d’ailleurs justement remarquer « qu’ils sont insuffi-

Lure 2

sants pour donner une mesure absolue des fonctions et qu’il ne faut leur demander que des constatations objectives, permettant la comparaison avec l’organe homologue ou avec des états soit antérieur, soit postérieur ».

Laissant de côté les appareils complexes parmi lesquels 1ls elassent : radio, explorations électriques, ergographes, esthésiomètres, arthrokinésimètres, dynanomètres, ils emploient quatre instruments :

19 Un ruban métrique;

29 Un compas d'épaisseur ou pelvimètre du type Collin, permettant de lire directement la distance qui sépare 2 points entre lesquels on ne peut pas tendre le ruban métrique;

30 Un goniomètre pour apprécier les angles de flexion et d'extension des articulations;

40 Un *“dynamomètre pouvant enregistrer l'effort à la pression et à la traction.

Citons ici les auteurs sur la façon dont ils appliquent leur instrumentation : |

Règles générales pour les mensurations. — Pour obtenir des mesures exactes avec cette instrumenitation réduite, 1l suffit de prendre avec exactitude ses points de repère.

On 5e fiera plus volontiers, quand cela sera possible, aux reliefs du squelette qu’aux points obtenus par des constructions géométriques; rien n’est dflicile et incertain, par exemple, comme d’élever une perpendiculaire à une ligne du corps.

Les reliefs mêmes du squelette prêtent à erreur

Se TRS

lorsqu'on ne les a pas marqués sur les téguments avant d'effectuer la mensuration.

On ne se contentera pas de marquer les deux points qui déterminent une ligne de repère, un axe du membre, mais au moyen d’un fil ou d’une réglette, on tracera la ligne tout au long. Cette précaution est indispensable pour mesurer le jeu des articulations.

Pour permettre de contrôler et de discuter les chiffres fournis il faut indiquer à côté du résultat, les repères entre lesquels on effectue ces mesures.

Des articulations, on mesure surtout l’amplitude des mouvements. Il faut en outre relever toutes les modifications et positions que présentent les points de repères osseux des os en contact. Le ruban métrique, le compas d’épaisseur, donneront aussi l'augmentation globale de la région par rapport à

celle du côté opposé. e

MérHope ERGOGRAPHIQUE.— En 1916, Vallée dans sa thèse sur la mesure des impotences fonctionnelles par la méthode ergographique exposa ce procédé dû à Jean Camus.

Reposant sur lemploi de deux dynamo-ergographes, cette méthode permettrait d’après Vallée :

10 De substituer à des appréciations subjectives des documents précis; une évaluation exacte de la puissance musculaire et du travail possible;

20 De suivre exactement les modifications apportées dans une impotence par un traitement physiothérapique;

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30 De dépister la simulation et l’exagération;

40 D’apprécier les résultats post-opératoires en chirurgie orthopédique;

50 De juger de la valeur comparative des appareils prothétiques en inscrivant les mouvements du membre nu, puis du même membre muni d'un appareil prothétique.

Mais les appareils employés n’apportent aucune facilité nouvelle pour la mesure du jeu des articula-

tions.

L’ARTHROKINÉSIMÈTRE DE MaQuEr. — Un appareil bien plus compliqué est l’arthrokinésimètre de Maquet, ainsi décrit en 1920 par son auteur :

« L'appareil a pour but de définir d’une manière aussi précise que possible l'amplitude fonctionnelle d’une articulation donnée, limitée ou non dans son mouvement.

La mensuration rigoureusement précise n’est pas réalisable. L’angle articulaire, en effet, est constitué par deux lignes axiales. Ces deux lignes sont fictives, et de ce fait échappent à nos investigations, Il y a donc nécessairement certaines causes d’erreurs inévitables. Cela est sans importance si l’erreur se répète à chaque mensuration et dans une même mesure pour une articulation donnée.

Nous proposons la lecture directe des amplitudes par projection de l’angle articulaire sur un plan parallèle à celui dans lequel le mouvement s’effectue,

L'appareil se compose d’un cadran en métal léger

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