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et y^ ft'embraisant de nouyeau , ils semblent craindre d'être encore séparés. O Vaillant Gonzalre I à braye Lara l quels lauriers , ^^lle victoire tous yalnt jamais le bonbeor que yoiis éprouyâtes dans ce moment?
Après ayoir satisfait ce premier transport de leurs âmes , Gonzalye , sans quitter la main de son ami, liSpondianx dottx em{>resseniens /que lui témoignent les autres guerriers. Âguilar , Corfez , Hlfédina , Gusman , le félicitent et-, renyironnenti Le héros, entei,uré de héros, est . conduit par eux chee la reine ; eî.toute l'ariftée > le suit en^remplissani l'air de chants d'ftllé-' gresse.
Isabelle ayec Ferdinand s'ayanoe pour lo receyoin Godïalye fléchit- le genou. La reine aossitât le relère, le fait asseoir auprès d'elle, reçoit de sa main le traité que le perfide roi de Fes yonlut sceller par un crime. Ëllefrémic des périls qui menacèrent son ambassadeur* Le roi d'Aragon parle de yengeanoe , Isabelle ne; parle que du héros.
Ooeaponsrnous, s'écrie-t-elle , de ce que' noas> dcrrons) à Gonzalye. Il n'est pas en notre pouvoir de nous acquitter enyeVs lui ; mais^ l'esliiae ?è sa patrie , mais la vénération de l'armée , mais ces transports de joie et d'amour dont son grand cœur doit être touché , voilà
tj4' ppIfZALVS DE CORDOUE.
8ft digue récompense. Grand capitaine, vous ëties lisent; le Maure nous a yaincos. Paraissez , et Grenade tombe. Yos rois , vos soldats, vos égaux , conricnnent tous arec orgueil que c'est ii votre bras que tient la victoire.
Elle dit, et laisse Gonzalve avec le fidèle liara. lies deux héros, se dérobant à la foule qui les environne , se retirent dans le même asile. Lk, se livrant en liberté au sentiment qui remplit leurs coeurs , ils précipitent leurs questions , veulent à la fois se répondre ; et chacun d'eux, en parlant de lui-même, s'interrompt toujours pour parler encore de son ami. Ils commencent cent fois le récit de ce qu'ils ont souffert l'un sans l'autre ; lis pleurent tour k tour de joie en rappelant leurs propres périls , de tendresse en apprenant quels dangers ont menacé leur frère. Lara veut voir, (veut embrasser ce bon, ce fidèle Pedro qui isauVa Gonzale dans Fez ; il l'appelle ; il court le chercher, le nomme bon bien£ûteur, le terre contre sa poitrine , se fait redire par lui ies exploits de Gohzalve, sur le vaisseau , comble le vieillard de caresses, et dispute à •on généreux ami le droit de le récompenser.
Bientôt il écoute en silence le récit qui intéresse Zuléma. Instruit dès long-temps de ii )[mssion de GonzalyC| il apprend sans sorpciae
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qnll est aimé. Les bienfaits de la belle Maure; sa tendre reconnaissance' envers son libérateur, la rendent cbère à L'ara; mais, moins aveuglé qu'un amant , il n'ose espérer qu'un doux hjmënéedeyienne le prix d'une paix qu'il regarde comme impossible. Lara connaît leS desseins d'Isabelle, le serment qu'elle a fait de périr ou de s'emparer de Grenade. Il cache ce serment à son ami ; il feint , pour ne pas l 'affliger, de partager son faux espoir; et sa déli« tcate amitié , respectant une illusion qui doit être de peu de durée , prépare déjà des consolationè pour lés chagrins qu'elle préyoit.
Cependant la prompte renommée a porté jusqu'au camp des Maures la nouvelle si redoutée de l'arrivée de Gonzalve* A ce nom , une terreur subite s'empare des Grenadins ; les uns rappellent en pâlissant sa victoire sur Abtnhamet, les autres son entrée à Grenade. Tous, tremblans, saisis d'effroi,' courent au pavillon rojal , se rassemblent, se pressent autour de Boàbdil , lui demandent à grands cris de retourner derrière leurs murailles , et aaenacent de quitter le camp , si ce monarque vent les retenir.
Boabdil, Mulei-Hassem de retour auprès de son fils , les chefs des tribus , Alamar luimême, ne peuvent calmer cet effroi : leurs dis«
1^0 GOEiZÂLYE DE GORDOUE.
cours ne sont pu écoutés , leur autorité n'est plus ceconnnCii Les soldats , séditieux par crainte, bravant leur roi par terreur, retouiv nent en tumulte k leurs tentes , se cliai^gent de ce qu'ib ont de plus précieux ; et, se orojant déjà poursuivis par Gonzalye , commencent à loir yers la ville. Le camp allait être désert, si le grand Almanzior n'eut paru.
Almanzor , averti par son père, sort à demi nu du Ht de douleur ou sa blessure le retient. Il saisit une longue lance qui soutient sa course tardive, et, sans tnrbair, sans cime-' terre, le front couvert de cette pàl^ir, fard de la gloire et des héros, il vient se montrer aux fnjards.
Où coures-vous , enûns d*lsfltaël? 8*éeriet-il d une voix tonnante : quel funeste délire vous égare, et quespere^vous éviter? fis^-cela mort? Vous l'allez chercher, vous Vsttirex sur vos tètes. L'Espagnol, du haut dcr ces murs , va dans un moment s élancer sur vous et vous égorger comme un, vil troupeau. Je ne vous parle point de l'honneur, qui ne peut rien sur vos âmes lâches, je ne vous parle point de votre patrie, de votre Bien, 'que vous trahissez , de vos fenunés , de vos enfieins, que vous avez sans doute vendus; je voes-imploi-e pour vous-mêmes , pour cette vie qui