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de son captif , arrive en réclamant le combat que lui dérobe Ismaè'l. Quel fpectacle frappe sa yne ! les deux amans étendus sur Therbe rouge de leur sang , leurs mains froides entre-^ lacées, leurs visages pâles tournés l'un vers l'autre , et leurs lèvres entr 'ouvertes semblant chercher leur dernier soupir !
A cet aspect, Lara jette un cri. Les Gastil^ lans lui racontent la fatale erreur des jeunes époux. Le héros frémit et verse des pleurs- Il se reproche avec amertume d'être la cause de leur trépas ; il veut au moins honorer leur cendre, il veut que les derniers devoirs acquittent sa triste amitié. Un même tombeau réunit ces dépouilles , et deux myrtes entrelacés j sont plantés de la main de Lara : Croissez , dit-il , arbres de l'amour , croissez dans la terre où reposent deux infortunés que rameur fit mourir. Le voyageur, le guerrier sensible qui s'arrêtera sous votre ombre, sentira tressaillir son ocmir , répandra malgré lui des larmes; les époux de cette contrée viendront sous votre feuillage prononcer leurs tendres sermens ; et les parjures , s'il ^ est , se détourneront avec honte , et n'oseront pas fouler l'herbe qui couvrira ce tombeau sacré. *"
Après avoir rempli ces tristes soins , Lara
Oonzalve. 3. Iw
17© GONZALVE DE COBDOUB.
retourne aux traraux de la nouvelle «ité. Déjà les fossés profonds sont reyètus de fortes murailles , déjà les remparts dominent la plaine , les portes roulent sur leurs gonds; des ouvrages avancés les défendent } des maisons de bois , construites à la hâte , marquent seulement la place de celles qu*on doit élever. Elles servent d'asiles aux soldats, aux capitaines , aux rois eux-mêmes , qui , ne voulant d'autres palais que TAlhambra , se trouvent contens d'habiter de simples retraites comme leurs guerriers.
Les Maures , surpris de voir une ville à U place d'un eamp détruit , perdent Tespoir ei l'audace que leur inspirait un premier succès Boabdil, privé d'Almanzor, que sa biessurr empêche de combattre, n'a point troublé Ic! travaux d'Isabelle, n'a pas osé commettre ai sort des armes e^ son empire et son destin. Le Alabez, les Almorades, sans cesse autour di . héros , s'empressent de voir son visage auguste s'informent s'il pourra bientôt les guider >. d'autres victoires. Tous les soldats , ]^nétréi pour lui de respect et de tendresse , envi ronnent à genoux * sa tente , demandent i l'Etemel de leur rendre leur soutien, leu* père , l'objet de leur reconnaissance et de leat vénération.
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Lie seul Alamar, jaloux en lecret de la gloire de cet Almanzcr qa*il croit aa moins égaler, încligné de ce que l'armée se regarde comme sans chef tant qu*Almanzor ne peut combattre , Alamar , retiré dans son pavillon , prépare de nouveaux crimes. Brûlant toujours d*an amour féroce pour la fille de Mulei- Hassem^ il vient d'apprendre que cette princesse est de retour à Grenade ; il sait qu'Aimanzor et Mulei ont juré de la protéger , de la défendre contre ses fureurs. Comptant peu sur les promesses de l'incertain Boabdil , l'Africain médite en secret de rentrer la nuit dans Grenade , d'arracher Zuléma de son palais même, et d'aller cacher sa proie dans les Etats soumis à son pouvoir.
Tout 2i coup , fers le milieu du jour, un bmjant tumulte dans la ville espagnole , 'des éclats , des transports de joie > annoncent un grand événement. Les sentinelles des remparts semblent prêtes à quitter leur poste. On voit les gardes avancées, instruites par des en- TOjés , partager l'allégresse publique ; on remarque sur les murailles les cheft , les soldats pêie-mdle, s'embrasser, se féliciter, remercier tout haut le ciel , et menacer du geste , de la Toix , les superbes tours de Grenade.
Gonzalve venait d'arriver-: Gonzalve» I
tvayers les périls , ayait franchi les Alptixares, et YO^ait enfin la ville nouvelle. Dès ^'il parait, dés qu'il est reconnu , mille cris lancés dans les airs répètent son nom glorieux : Le Toilà , notre héros ! le voilà , U grand capl^ taine! Le ciel nous rend notre sauveur ! Espagnols , accourez tous , venez voir Tinvincible Gonzalve.
Les soldats sortent à la hâte , se rassemblent autour du héros. Ils l'environnent , U pressent ; leur foule arrête son coursier. L'un veut toucher et baiser ses armes , l'autre le soulager de leur poids : tous l'invitent, le forcent à descendre , l'enlèvent malgré lui dans leurs bras; et, se disputant on &rdeau si cher , ils le portent en triomphe jusqu'aux che6 , aux capitaines , qui volaient dia-deyanl de ses pas.
Heureux Lara, vous les précédiez : c'était vous que cherchait Gonzalve. A peine ils se sont aperçus» que tous deux s'élancent an même instant. Ils se joignent , s'embrassent , se pressent , appuient long-temps leurs cœurs l'un sur l'autre, pleurent et ne peuvent parler. Ils se regardent ensuite , enivrent leurs jenx du plaisir de se voir.. ^Leur langue balbutie quelques paroles , que leurs sanglots viennent étouffer j mats ils s'entendent, ils se répondent,