LIVRE VÎII. l
Fm-moi parler à ton liéros , Soldat qui gardes ces créneaux Pour guérir de sensibles maux J'ai besoin de son assistance , Soldat qui gardes ces crâieanz , ^
Appc^yé sur ta longue lance
Là beauté, 1« gloire et l'amour Je Tais chantant de ville en ville ; C'est tout le bien d'un troubadour, La beauté , la gloire et l'amour ; Un moment, avant qu'il soit jour, Dans tes murs donne-moi l'asile ; La beauté , la gloire et l'amour Je vais cbantant de ville en ville.
Un lien tendre et fraternel Voua unit an guerrier sensible ; 11 est, il doit être étemel Ce lien tendre et fraternel :
Votre Ijre rencl immortel Celui que son bras rend terrible } Un lien tendre et fraternel r^His nuit au guerrier sensible.
A ce son de voix connu 'de Gonzalyé, aa mjBtère dont s'enveloppe cet étranger , lé héros impatient fait onyrir la porte , et court auprès du troubadour^ 11 le regarde , l'enTÎaage à la clarté de la lune ; il reconnaît sont ee
ti4 GONZALYE DC CO&DOUE.
éigoûemeat Aminé , It fidèfo Aaitee, «m des esclaves de Zulésia. Il jette alors uii cri de joie , et se hâte de lui dèâiànder on respire celle qu'il adore.
Elle est dans ce bô!s , lu! répond Tesclare , m lui montrant Un bocage que 1 on distinguait du pied des remparts. C'est pour yout voir, pour vous parler, qu'elle est sortie de Grenade. Déguisée ainsi par son ordre , afin de pénétrer dans yoê mars, je viens voos cliercher , Gonzâlvo , et voos conduire auprès d'elle.
Déjà le hér«s est en marche. Il laisse loin dcrrièie lui l'esclaVé q^ àéît le guider; il court , arrive au bocage, voit la princesse, et tombe à ses pieds. Il veut parler , des larmes de joie intei-rompent seè mots sans suite; il presse la main de son amante , la couvre de scm baisers; mais Zulëma doucement la retire; et raiFermissant sa voii^ , que son émotion avait altérée :
Qu*ài-je appris? dit-«lle; et ^el affineux bruit m*a forcée de quitter Grenade , de vous ofaerohér se«ld , dans la unit , att asiiea de ce b^is. désert » de trahir k la fois ponr vom mes deroira envBi» mdn péc* ^ enwrs oui patrie» eâves* joAi ? £flt41 Vrai qtaa draftaÎA matsa vioUÉ dévies périr 09 tnelr éwm Mce? Est-il
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rrai que le ^àîye d^nt je vous atkUM 'àéii^ f^piéT le sein d'Almatieor %
ZfûéûkA t Im répond Gpnzalte^ n'io^cabW pas on infortuné. C'est Alittanzor qéî ant défie ; mes r^M ont reçu son eartek Mes reSt et toute notre année ont remis dànsasesinaiBf leur oausev Pouyaîs-ie'me reâiler à leurs v^iekixif Deyais*je déclarer nos secrets liens, ou laisser •oup^fonitor mon courage? '^on^ tous ne réussies pas toolu ; Vous^mtee n^'eussies enâ^ péché de m'avilir aux jeux de ma patrie» de mériter son méprSsi Mais que votre dœur se rassure : démain ma lance «t «on épée ne ser«virent <^'à maseule défendb^dcmoin j ezlpirerai plutôt que de menaoer ks jours d'Allnansors et fetpiverai trop heureux > )e mourrai pouf tout Ce quie j'aime , pour l'honneur ^et pour &il«mB.
£ooiite> reprend lu ffskko^sé^ je ue suis qu uue iettlme faible , peu instruite des haiw ^res loi» qui font égoifer les héros* Peut-^tre il mè serait permis de te rappeler tes èetmeus ^ de te demander si l'hoimeur sacré des i^mes pUftes; qui lï efct pas toufOârs celui Jes §fnerrters , ne le défend pas de tourïier ton ghiire oontrt le €hère de tàu amante, de manquer 4ux plus saintes proUiesses , de faire mourir mou Ycriucujs pcic cent les larmet^'du déses-
tê6 GONZALYB DE GQliDOUE.
poir : mais je t*Rdore , GonsalTe , et tout ce qui tient à ta gloire devient respectable à met jrenx. Ne craini pas que je vienne ici te donner des conseils indignes de ton courage , d>aser de mon pouvoir sur toi pour te demander une lâcheté : non , Gonzalve , ne le crains pas. Je viens te jurer encore ^e c'est toi «eul que j'ai chéri , que jusqu'à mon dernier moment je ne chérirai que toi seul ; je viens y certaine de mourir, te faire mes derniers adieux. . . »
O ciel! interrompt le héros, et vous von- Icx. ... .^ Je veux que tu m'entendes , que tu connaisses mes malheurs^ que tu décides toimême si je peux supporter la vie. Je te dois compte de mes motife i pour attenter a des jours qui n'appartenaient qu'à lt<M seul. Apprends ce qui s'est passé; apprends que c'est du comble de la félicité que je me vois tout k coup plongée dans l'al^me de l'infortune. JTavais tout dit k mon père, j'avais touché son sensible cœur. Avertis en secret que l'impie Alamar osait encore' me menacer , nous devions sortir de Grenade , fuir à jamais loin de Boabdil. Un vaisseau , déjà chargé de nos trésors , allait nous conduire en Sicile. Là , tu nous aurais rejoints aussitôt que la paix, aussi» tôt qu'une trêve t'aurait permis de qm/ÊÊt •
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