LIVRE NEUVIÈME
Disssrou de Goniahre. Tkère accordée ft sa prière. Regreia da peuple de Grenade. Douleur de Muleî- Haaaem et de Zuléma. État horrible de Moraîme. Mort de cette princesse. Funérailles d'AImanzor et de son épouse. Gtnzalve va trouver Zulëma. Il est pris et mis dans les £en. Outrages et tourmens que Boabdil lui prépare. Zuléma descend dans ton cachot : elle lui porte du poison. Il se justifie. .4]amar vient s'emparar du héros ; il le conduit au snppfice. Les Espagnob donnent Tassant Alamar j court et sauve Grenade. Exploits d*AIamar. Secours inespéré que reçoivent les Maures. Défaite des Espagnols.
Jj*BOMMB yertueux qn*on outrage, l'innocent méconnu qu*Ott opprime , trouvent au fond de l«art âmes des consolations dam leurs peines , 'd«t Ibroei contre Tadversité. Ils interrogent leur conscience ; et ce juge snprémo , infailrlible y dont la sévérité ne pardonne rien , dont le murmure est un châtiment , les met à Tabri du remords, seul supplice que leur cœur redoute. Mais , le véritable amant , au sein même de la victoire g au milieu 4et loccès, des triom^
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phes, devîeRt le plus à plaindre des morteli, s'il erâiiit un rèpfoche de celle ^«'U: aûtie. Qte lui importent les vaines louanges , les hommages , les respects du monde entier 7 c'est le suffrage de son amante , c*est son estime, dont il a besoin. Sans cette estime , il tk*est ]^éS sût de mériter la sienne pfopre. Son Atee , qui n*est plus en lui , ne Yoit , ne jnge que pat dVuttcs jeux ; et sa yertu , fière , indépendante en présence de tout lunirers, tremble et n*ose croire à son innocence, si l'objet qu*il adore petit la Boulonner.
Gonzalre, couvert de gloire, n'éprouvait que trop cet alfireuz tourment. Almaozor n'est plus , et sâ 9Qemr doit croire Goasudve son / meuttrier ; Lava exp^ peut-^tie , et GonzaJ ve a causé sa mort. Ces désolantes idées l'occupèrent seules pendant la bataille , lui firent chereber avais tant d'ardemr et le pértà et It taépas. Indigné contre lui m^iie , ea courtous contre sa fertane , dét qu'il se voit plvs.d'enaemis ^ il quitte set eompagHOBa^ et , sens par» 1er à Ferdinand^ scui se découvrir à l'amiée, il vole «upiés de Lavai
Isabelle était aVeo lui. BesblawareiaeMnt pas aoirtelles. : aonuâve en pousse des aïs de joie. Il ae ifaît répéter cent Ibis cette aisiivaMS si^ ebère | ij wcvra dans ses braa »on Mai , fe
^aigae^ 1 âiio«de de pleurs , m^le à iea tendres caresses les reproches les plus douloureux. A geAoux auprès de sou lit , il l'appelle son dieu ^ tntélaîre, raconte, puhUe hautement ce que Famitié lui fit entreprendre , et déclare qu'il lui doit i'honiieiir.
Après cet aveu , le héros se retire avec Isabelle , l'instruit de sa passion violente , de ses senaens , de ses secrets. Il apprend à l'au^ste reine comment les bleuets , la reconnaissance attachent pour jamais Gonzalve a la fille de Mulei^Hassem; comment, s'étsnt rendu près d'elle pendant la nuit précédente , son retour fut retardé par l'attaque des Bér^bères* Il parl]e peu de ses exploits contre ses nombreux assaillans ; mais il «xagère sa £|Ute pour augmenter \ la gloire de son ami.
Isabelle l'écoute , l'admire , et s'attendrit sur ses malheurs. Elle le console , elle le rassure , promet d'emplojer ses efforts pour le justifier près de son amante , pour éteindre la haine injuste que doit ressentir le vieillard Mulei« Dès ce moment Zuléma devient chère k la sensible reine : elle sauva les jours de Gonaalve, elle adore le Dieu des Chrétiens : Isabelle la nomme sa fille , et brûle de l'unk aubères.
^ Pendant ce temps, le roi d'Aragon « après
M»t ^OHZACYE OE CORDOUS.
avoir abandonné le camp des Bfauret an pillage, ramène tes troupes dans Santa-Fé. Des enrojés de Boabdil ne tardent pas à t j rendre : ils Tiennent demander la paix en se soumettant au tribut. Les rois reftisent cette paix ; mais Gonzalve implore Isabelle : la reine , pour plaire k Gonzalre , accorde une trère de quelques jours.
Hélas ! la perte d'Almanzor assurait assez la ruine des Maures. Ce malheur seul les rend insensibles à tous les autres malheurs. Hcmunes, femmes, vieillards, enfans, la tête couverte de cendre , déchirant par lambeaux leurs vètemens souillés , remplissent les jtlsicea publiques, s'abordent en gémissant, se regardent en poussant des cris , s'embrassent , et mêlent leurs larmes. Les soldats, pâles, tremblans, fuient devant les citoyens, qui leur reprochent avec des outrages d'avoir laissé périr leur général. Les uns veulent quitter Grenade, qui n*a plus désormais de remparts; les autres accusent le ciel , insultent à leur faux prophète, ajoutent le blasphème aux plaintes: tous annoncent k Eoabdil la fin de son règne impie , et regardent le trépas d'Almanzor comme le châtiment de ses Ibrfeita.
Zuléma.plus à plaindre encore, Znléma, qui ne doute point auo son amanf n'ait toi