‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 108 sur 135 · LIVRE IX. |o3i · texte numérisé non relu

LIVRE IX. |o3i

ion frère ^ a voulu se donner la mort ; mais ses devoirs enrers Mulei l'ont enehalnée à la vie. Elle ne peut , sans être crimineUe , abandonner le vieillard, doi^t elle est le dernier appui. Renfermée avec lui dans l'Albajzin , dévorant la moitié de ses pleurs, elle entend son malheureux père redemander cent fois au ciel ce fils , objet de sa tendresse , ce fils , qui seul le consolait de tous les maux qu'il a soufferts. Il a perdu sa Léonor, on lui enleva sa couronne , il a vu périr ses amis ; Almanzor du moins lui restait. Il appelle son cher Almanzor ,' il ne peut penser qu'il lui soit ravi : dans son délire, il croît le voir, 1 entendre, Tembrasser encore en embrassant sa fille désolée; et lorsqu'il s'aperçoit de son erreur, il la repousse, frappe sa poitrine, arrache ses cheveux blancs , qu'il jette avec imprécation , demande des armes, veut aller combattre, veut aller arracher le cœur de ce barbare Gonsalve dont la main égorgea son fils. Ce nom de Gonzalve lui cause une horreur que ses sens affaiblis ne supportent pas ; il tombe épuisé de tourmens dans les bras de sa fille mourante, qui manque elle-même de forces pour résister à tant de douleurs.

Mais qui peut rendre le coup affireux Sont Moralme frit accablée ? Qui peut exprimer et,

^of GOtCZALYE DE GORDdUE.

qu'elle sentit et^ apprenant par ses propret yeux son effroyable malheur. Hélas ! pendant toute la nuit qui précéda ce combat funeste, prosternée aux pieds des autels , Moraîme in- Toqua son prophète. Elle lui demanda de défendre le héros qui défendait sa loi , qui , par tant de vertus sublimes , lionorait sa religion sainte; elle conjura TÉtemel de con^ server son plus digne ouvrage , de laisser long-temps à la terre un exemple de justice et d'honneur. Vaine piièrcî Moraime quittait la mosquée ; elle en descen/dait lentement , lorsqu'elle voit.... 0 IHeu tout -puissant f éprouvez-vous ainsi la vertu ? EUe voit soi^ époux sanglant rapporté par les Alabez. L'effet du tpnnerre n'est pas plus prompt ; sans ]^u-t voir jeter un seul cri ^ sans pouvoir faire un, mouvement , elle tombe , roule sur le marbre;^ sa télé frappe trois fois les degrés « $an. sang coule par trois blessures, et $oii corps i«anv«ié rient s'arrêter aux pieds des 41abe««

On la secourt, on la relève; rien ne rappelle ses sens. On l'emporte avec Almanxor , pâle , sanglante , défibrée , semblable ais héros qui n'est plus. Leur» visages livides s« couchent, leurs cheveux mêlés traînent sur le sable, leur sang con£»ndu souille Ictirs Téll»-^

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