LIVRE PREMIER
ExPOMison du sujet. Hommage à la nation Espagnole. Isabelle et Ferdinand assiègent Grenade. Peuples et Léros qui les accompagnent. Caractères de Ferdinand et disàbelle. Portrait de Oonialve. Il est ambassadeur à Fez. Âmoui; de Gonzalve pour une inconilae. 'Amitié de Gonzalve et de Lara. Description de l'Afrique. Le roi de Fct trompe QoniailTe. Le b^ros lui fait signer la paix. Danger de Oonzalre. H est saùvë par tm vieux captif. U B*£diappe dans une barque. La barque est brisée par la t^npéte. Gonzalve gagne un vaisseau. HencoBtce qu'il y fait Combat et victcnre du be- Jjps. I|k^lcssë. Il arrive à Malaga.
/vV-«HASTE9 nympbes, vous qui baignez -les fress^ de vos longs cbeveux dans les eaux limpides du Guadalquivir ; vous qui, sous l'ombrage des orangers, cueillez des ^eurs toujours renaissstfitcs sur les verts gaz sus de
198 jGONZALVE ne GQRDOUE.
l'Andalousie, Tenez mlnspirer auionrd'hnf, venes m'apprendre a célébrer les héros de tos riVages ; retracez-moi les sanglans combats li« vrés sous les murs de Grenade , et les rictoires de Gonzalye , et ses amours , et ses malheurs. Redites comment le courage d'Isabelle et la prudence de Ferdinand déliyrèrent enfin l'Espagne de ses anciens usurpateurs, comment les discordes civiles préparèrent la ruine des Maures. Animez surtout yos récits de cette grâce noble et touchante , de cette imagination féconde dont votre heureux pays est la patrie; cachez le front austère de la vérité sous les guirlandes qui couronnent vos têtes r ipais en parlant aux âmes tendres, des peines, des plaisirs qu'elles ont éprouvés , rappelez à tous les rois du monde que les seuls soutiens de leur tr^ne sont la justice et la vertu.
O vous , généreux Espagnols , peuple vaillant et magnanime, dont les amans passionnéa serviront toujours de modèles aux iK)eir8-ti|^ sibles et constans, vous, dontiÉjÉ^ue^Mi indomptables ont soumis assez de tVgmMHbv que le soleil étonné ne cesse jamais à'ëSlimf vos conquêtes , je vous consacre dea^t^tt pv vous trouverez les deux sentimens ï<mm de vos grandes âmes , l'honneur sacré, le brûhuit amour. Ne dédaignez pas mon hommage î U
UTBE t dft
eiC p«ri il est le premier peut-être qu'an étiui^ , qu^vm Frençu» ait oiert à votre na^ taon , jadis nyale de la n^tre , an|ourd'km sa fidèle i
IsABEL&E régnait en Gastille, TAragon obéissait à Ferdinand. Ces deux sonrerains , liés par nn benreox hjménée , avaient nni leurs couronnes sans eon£>ndre leurs Etats. Tous deux ^ la fleur de Tftge , tous deux également pressés d un ardent désir de gloire , yojraient arec indignation les plus beaux pajs des Espa- Ignes soumis encore aux Musulmans. Huit siècles de combats n'ayaient pu suffire pour arracher aux enfans d'Ismael toutes les oon-* qoétes de leurs aïeux. Souvent vaincus , jamais terrassés , ils possédaient les délicieux rivages que baigne la mer d'Afrique , depuis les cobnnes d'Alcide jusqu'au tombeau des. Scipions. Grenade était leur capitale , et les seuls Buts de Grenade rendaient Boabdil un puissmmoi^pque.
">âs le féroce Boabdil avait provoqué le d'Isabelle. Des traités violés , des ( dans l'Andalousie , avaient avancé lejetrU^ vengeances; et la trompette guer- ^^ s'4liÉ||kit entendre de l'embonchiire du 1^^ yMAla source de l'Èbre : toute» lot
. A0O GONZ AtVK'ïïm CORDOUE.
£h]]jpgtteé eii4irent'fimiicip.'Feff<iîiÉmd«epriBMa 4 a«eourtr «i^ëc 9é» âor» ArlçMiMt : l'indocile Catalan , le ibugiieux YaleBeieik, Tadroit fiiléare , sniyireiit ses pas ; les agrestes Âsturiens descendirent de leurs montagnes; l'antique Léon rassembla ses phalanges ; les fidèles Castilles volèrent aux armes ; et les éjpomx rots , maîtres bientôt de la plupart des plaoes qui défendaient l'opproc^ de Ctreimdey assiégeaient enfin ses remparts.
Jamais tant d'illustres clièi».n« menacèreat une seule ville; jamais -dans ^n même camp ne se.Ténnirent tant de béros. tik^ se distia- ■ guaient les Mendoze-, les'Nugnca et les Bfédtna ; -Gusman j TorgueiHeux Gusman, si fier de desoendre des rois; Aguilar, qui croit la vertu plus'aik»enne ^e la noblesse ; Fernand Cortez } à peine sorti de lenfaoce^ et maniant pour la première fois le fer qui doît'soumettre le Mexique ; l'aimadde' prince de • Portugal , Alphonse , - gendre : d^'Isabeile ; Alphonse , qui doit coûter tant de pleurs à la nA^henrense épouse condamnée à lui' survivre.; et Tinvincible Lara, Fami, let'80>Btîén du étiblc opprimé, Lara, chéri a sa' paftrie. dont il est l'honneur, plus cher encore à l'amitié, dont il est le touchant modèle; ctlevédM&leTellei, qui , sous ses cheveux blanchis ^ oiMerve an
tlYRE L ioi
^eiine cbarage f et conduit depuis cinquante ans IVscadron indompté des cheraliers de Ga- Ifltrftye ; une foule d'autres guerriers, la fleur , la gloire de!»-Espagnes, qui tous ont reconnu pour chef l'heureux monarque époux d'Isahelle , qui tous ont juré de mourir ou de vaincre sous Ferdinand.
Ferdinand retient leur vaillance , et veut différer les assauts. Habile dans cet art profond de diviser pour régner, de préparer la victoire avant de marcher au combat , il a fomenté dans Grenade les dissensions qui l'ont décliirée : il prit soin d'affaiblir un peuple {[uil devait bientôt attaquer. Impénétrable dans ses desseins , constant à les suivre en silence , Ferdinand , par de longs circuits , s'avance toujours au succès. Les obstacles ne l'irritent point , sa prudence les a tous prévus t l'avenir ne peut le surprendre , sa sagesse Va rendu certain. ' Actif , patient, infatigable, rival du plus brave |i la guerre,' sans rivaux dans les ionseils , son bras fixerait la fortune ; mais son génie a su l'enchaîner.
La fière Itabelle ne veut que vaincre. Animée d'un ardent amour pour sa religion et pour son peuple , elle poursuit dans le Maure ^irréconciliable ennemi de sa naÛon et de sa ibi. L'bonAeur lui dit de voler aux combats »
%0% CONZALYE DE CORDOUE.
rbonneur est sa seule prudej^ce; sa iprande âme -n'a jamais besoin de cacher ua seul sentiment. Accoutumée à rendre com,pte à Dieu de ses plus secrètes pensées , elle craint peu les ^eux des hommes ; elle marche le front levé , appuyée sur sa yertu, Géi^éreuse , altière , ten* sible, séyère pour elle, juste pour tous, exemple , idole de ses sujets , son conseil est dans ses devoirs , sa force est dans son coulage , son espoir dans l'Eternel.
Déjà le sang des deux partis avait rougi les campagnes; déjà, depuis le commencement du siège , le soleil avait parcouru près de la moitié de son cours , et rien n'annonçait encore que Grenade fût affaiblie. Elle semblait, au contraire, reprendre de nouvelles forces, depuis que le plus grand des Espagnols , le plus intrépide, le plus redouté, Gonzalve, n'était plus au camp ; Gouxalve , qui n'a pas atteint son cinquième lustre , et que les^vieux capitaines consultent avec respect; Gonzalve, dont le bras terrible n'a jamais trouvé d'adversaire (pâ fit balancer la victoire , et dont les vertus aimables se font adorer même des vaincus. Né dans Cprdoue, élevé parmi les guerres étemelles de Grenade avfBC ses voisinf , les combats ont été ses jeux, les dépouilles maures son héritage. Dès spn enfance, il int