LIVRE I. ao
Taincre et plaire. La nature , pour lui prodi^ gu£, Youlut le coxnbler de ses dpns. GouverS de l'acier, le front ceiitf du casque, sa taille haute, son air de grandeur, sa force au-dessus de l'humaine , son courage au-dessus de sa ferce, le rendent Tefiroi des guerriers : désarmé , sa beauté , sa grâce , son regard pénétrant et doux, ses traits où semble se confondre la noblesse ayec la bonté, attirent, entraînent les cœurs. Ses rivaux , loin de lui jalouK , n'osent plus l'être en sa présence ; et le désespoir de l'envie se change en besoin de l'aimer.
Gonzalye était alors victime de Li plus basse des perfidies. Le monarque de Fez , Séid , sollicité par les Grenadins , avait menacé de ses armes les rivages de l'Andalousie. Les rois, pour n'être pas distraits de leur conquête , désiraient la paix avec l'Africain. Les conditions en fiirent offertes y mais , instruit par la renommée du no]»!, du grand nom de Gonzalvc , Séid demanda qtie ce Castillan vînt comme ambassadeur à sa cour ; Séié refusa de traiter avec tout autre que ce fameux guerrier. Isabelle hésita long^temps : la crainte d un nouvel ennemi , l'assurance qu'un prompt retour lui rendrait bientôt son héros , la déterminèrent enfin. Gonzalye , instruit dés long-tenip>
fto4 GONZALVE DE CORDOUE.
dans la langue, clans les mœurs arabes,' fat chargé par ses souycrtins d'aller assurer leur repos. Un vaisseau le ^porta dans Fez , où J« perdde Séid, à la prière de Boakdil , le retenait sous divers prétextes , différait de signer la paix, et faisait ainsi respirer Gre* nade^^'
Incapable de défiance, mais irrité de ce/ longs délais, Gon^lvc se plaint d'un honneur qui rend oisif son courage. La gloire dont il est avide ne fait pas seule soupirer son cœur : une passion plus vive et moins heureuse l'occupe, le remplit \out entier : IV mour , le redoutable amour a subjugué cette âme si fiére ; et c'est au milieu des alarmes, an sein même de la victoire , que ce héros connut son pouvoir.
Peu de temps avant le siège , Gonzalve , vainqueur des Maures, arrive au pied de leurs remparts , triomphe de nouveau , j^énètre dans leur vifle , porte la terreur et H mort jusqu'au centre de Grenade. Tout l^mbc ^ tottt fuft devant lui ; uri hSig ruissseau dç sabg marque sa course. Si ses Castîlhins eussent pu le suivre , c'en était fait , dans ce «eul jour , et de Boabdil et de son empire; maïs Zulémà, 1« sœur du roi , la filïe du vertueux Mulei-Ha»sem, Zuléma, qui dès son aurore eff'açait toutes