‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 110 sur 135 · LIVRE IX. ait · texte numérisé non relu

LIVRE IX. ait

dessein , se dérobe au fidèle Pedro ; et seul ^ ayatit le point du jour, il marche anx portes de Grenade.

Les gardes , trompés à sa yne , le laissent passer sans obstacle. Gonzalye s'avance yers l*Albajzin : il s'informe de Zuléma , se dit en- TOjé d'Isabelle , et demande nn entretien se* cret ayec la fille de Mnlei.

On l'obserre , on l'interroge ; il épronre de longs détails. Sa constance , son air de dou^ cenr, de firanchise, de loyauté^ l'emportent enfin snr les teins. Denx esclaves l'introduisent dans une galerie antique, où la princesse, instruite par eux , croit devoir, au nom d'Isa* belle , répondre k son envojé. Couyerte d'un Ion g voile noir , soutenue par la jeune Aminé , elle vient , s'ayance d'un pas chancelant. Le héros l'aperçoit k peine , qu'il se précipite et tombe k ses pieds.

O yous , lui dit-âl avec larmes » vous que je n'ose envisager. ...

A cette yoix , k son aspect , Zuléma , tremblante , interdite , détourne les jeux j et veut fuir. £coutex-moi , s'écrie Gonzalye , ou faitesmoi donner la mort. Je la cherche , je la déeire : je yous la demande k genoux , cette mort eent fois moins horrible que yotre haine on- Votre mépris. Mes mains sont pures , Zu(éma i

• I» GOlfZALVE. DSOOilDOUE.

daignes ibaissttr iar aoî yotve vue; d«gii€k wpadet on iBli»vtiiiié ^ n a peiat tnhi st9 terraen». Apprenez. . . .

- Ua tmnulte aA-etiz empêche le liécot de fomnmwtt, B«ebdil, le roi Boahidil «rrÎTe MÛTÎ detZégrtt. Cent soldats y le 1er à le nuûn ^ iMident à la fi»is sûr O^malTe , le eaiHsaent et le renversent , le chargent de cbdneft d'akain» CronxalTe , snrprîs et tronl^ , ne tente pas de •e dclendce : il n'a pins de ^nces devioit Znléaut. Cette princesse jette des ens perçans; llnleî-fiassem acconrt à ses ciis ; il ^romve sa fille an milieu des armes ; il vebonnak Gonudve enehainé. Le vieillard denenre inmobile$ BoaUftl lui adresse ces mots :

11 est daas mes liers , l^enneni leidble ^ j perça le sein d'Almanzor» qui remipUt Grenade de deuÂl , et devait la rendre captive I Mulei , tu le vois devant toi : voilà ce superlte Gomalve , voilage Gasiillaik si fier , ^ni nous regardait tous comme sa proie! Sans doate, de coupables desseins l'ont cenduit jusque dans DOS asnrs. Le teaâtre cr<^aic ab^uer nos yeuX' mais deux fidèles Zégris, jadis prisoa* niers du barbare , l'ont reconan eous «e déguisement. Ma victime ne peut m'échappet. Mulei contemple dans les chaînes le raiaqueur des Abencerragcs , le féroce meartricr

de ton fiU* Supporte rborreur dp leayisagci», «a «ongeavl à notre vengeance. D^naiu ce; fléau da nom musulman expirera dans les supplices ; demain le sang de ce barbare lavera la tombe du grand Ahnanzor ; et je veux qu'ayant son trépas, livré aux insulteB de ïXkQt\ peuple > ee vil Chrétien , qui se «roi t si grand , épuise la fureur , la rage du dernier de mes sujets..

11 dit : Zulémà frémit. Gonzalve, ^^ns le silence , regarde le tjran d'un œil assuré^ Mnlei lut répond d'une voix tranquille :

Boabdil , gardons-nous tous deux d'éparr çner le emel Gonzalve ; il n'a pi^ épargna mon fils. Le barbare usa du droit de la guerre.» to dois en user k ton to.ur. Mon étemelle douleur sera peut-âtre soulagée en voyant If . meurtrier d'JUmancor perdre la vie sur son t<Mmbeau. Je veux être présent à ce spectacle,, Mais que cette mort nous suffise : immolons notre ennemi sans l'outragerc Méritons le bten&it suprême que nous accorde le ciel , n'irritons pas sa justice, qui semble enfin. se désarmer; et respectons, en le détestant, le vainqueur du plus grand des hommes.

Le sanguinaire Boabdil écoute à peine ces paroles. Les Zégrts excitent sa fétocité. H par| Avee son prisonnier; il ordonne qu'on doubif

•i4 GONZALVE DE GOR0O17E:

•es lers , l'entonre d'une tri{de garde', fait te* fermer les portes delà ville ; et , sniyi de M nlei , qui cherche à le fléchir , il prend la route de rAlhamhra.

Le hruit de ce bonheur inespéré se répand aussitôt dans Grenade. Les soldats, k» cîtojrens , poussent jus(pi*au ciel mille cris de joie. Tous précipitent leurs pas pour yoir oa héros si célèbre , cet indomptable guerrier , dont Us nom seul les fWisait pftlir. Ils se pressent sur son passage , fixent leurs arides regards sur ce captif qu*ils ne craindront plus ; et cependant ils reculent encore au moindre bruit de ses fers. Ainsi , quand des chasseurs timides ont enfin surpris dans leurs rets Je redoutable lion qui désolait les campagnes \ ils se ras^ semblent- en foule autour de Vob)et qui les faisait ftiir ; ils se livrent à tous les transports . de ralliasse , de la vengeance ; mais ils n0 peuvent contem^er sans une secrète terreur celui qui les fit trembler si long-temps.

Dans le palais est un étroit cachot , impénétrable aux rajons du jour. Trois portes d*airain j conduisent. Le roc au milieu duquel on l'a taillé ne laisse à Tair d'autre passage qu'un long et oblique tujau fermé par i dix grilles de fer; CVst là qu on précipite Gomsalte , tandis qu'on prépare son croel

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