‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 111 sur 135 · LIVRE IX; fti · texte numérisé non relu

LIVRE IX; fti

iBpplice; c'est là que, chargé % cKftînet pesantes , scellées dans l'affireiix rocher , il entend refermer sur lui les fatales portes de bronze , et qu'il reste seul avec le malheur , rincerti-* tude et le désespoir.'

Sa grande âme n'est point accahlée ,' elle se Toidit contre le destin. Il voit la mort*/ il la Toit horrible; il ne doute pas que tous lea tourmens ne soient à la fois épuisés sur lui. Son courage les soutiendra tous : certain d'expirer en héros , sûr que sa gloire ne sera point ternie , il enyisage fixement et le trépas et les douleurs; mais mourir sans voir Zuléma , sans lui prouver son innocence , cette idée est pour lui terrible ; c'est le seul supplice qu'il ne peut braver.

La malheureuse princesse , demeurée dans l'Albajzin , a peine à retrouver ses sens. Glacée d'horreur , de surprise , elle se retrace ce qu'elle a vu , se rappelle le» derniers mots, les tendres sermens de Gonzalve, sa justification commencée, les dangers qu'il a bravés pour lui parler; et tout lui dit, tout lui persuade que son amant n'est pas coupable. Cependant il va périr : aucun effort humain ne peut le sauver. Ce n'est pas assez pour l'inlbrtunée Zuléma d'avoir perdu son appui , son firére , •on unique défenseur , de s'être condamnée au

t 1 aïO COIÏZALYE DE ÇORDOUE,

tOUFBieiit, cle combattre sans cesse nu aaiMir içai muI cesse occupe son âme, d'arrackec leniement de son cœur l'image chévie ^td Iê remplit; ce n'est pas assez daToir à soufiir rbommage outrageant d'Alamar, et de ticmbler chaque jour d'ôtre livrée à ce i)arbaie, îl faut qu elle soit témoin du supplice de ctlm qu'elle aime , d'un supplice mêlé d'infamie, et qu'elle voie son libérateur , le plus grand , le plus magnanime des mortels , terminer se glorieuse nie dans l'opprobre et dans kfc douleurs.

- O mon frère ! a'écrie-t-«lle , si tu respirait encore , tu t'opposerais aux jforifaits dont ta patrie va se noircir.; tu BSVTerais un Iiéroa semblable à toi par tant de yertus l Sa mort et la mienne sont inévitables ; et quand mon amouf pourrait publier ce que )e dois à tes mânes , à nos liens ^ âi ton sang versé , là vigilance de mes tyrans,, les précautions prises par leur barbai^ie rendraient inutiles mes efforts coupables. Mais je n 'offenserai point ta grande ombre , je ne trahirai ni mon devoir ni les nœuds^ sacrés qui nous unissaient , eu arrachant du moins à la honte l'ennemi qu'estimait ton cœur. O mon frère ! c'est toi que j'implore; viens m'aider à tout hasarder poa?. épargner un crime à ton pajs , pour sauver ta

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