‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 114 sur 135 · LIVRE IX. 2%v · texte numérisé non relu

LIVRE IX. 2%v

peint dans les traits du barbare. Ses sourcils d ebène se joignent et semblent couvrir deux globes de feu. Une écorne affreuse pari^ sur ses lèvres ; et sa langue , qui balbutie , prononce à Gonzalve ces tristes mots :

Traître qui m'outrages encore,, vilChrétieu que je vais punir , lenfer t'a donc décbainé pour porter aux derniers excès ma colère et ton insolence ! Viens me payer tant de forfaits , viens expirer lentement dans les douleurs que je te prépare; et que ton sang, versé goutte a goutte, satisfasse, sans pouvoir l'éteindre, la haine que je sens poujr toi.

Le héros, sans l'écouter, ne s'occupe que de la princesse. Àlamar ordonne à ses satellites de l'arracher de ses bras. Gonzalve tente de la défendre : il lève ses mains enchaînées ^ frappe avec ses fers , et jette sans vie les deux premiers soldats qui l'approchent. Mais , accablé par le nombre , on l'entraîne hors du cachot. Zuléma , qui reprend ses sens , s'élance , et veut suivre Gonzalve : Alamar la fait retenir ; Alamar , qu'elle implore à genoux , refuse d'écouter ses prières ; il la repousse , l'accable d'outrages , ordonne à sa garde de l'environner, de répondre d'elle jusqu'à son retour ;- et , 'forcené de foreur , il entraine le Castillan.

A3» GONZALYEDE CORDOUE.

Le jour ne brillait point encore : un tranf- , iuge venait d'avertir Boabdil que les Espagnols, alarmés de Tabsence du grand capitaine , turpris de voir les portes de Grenade rcf«fmé«fl précipitamment , craignant quelque embûche de la part des Maures, voulaient rompre la trêve par un assaut. Efirajé de cette nouvelle, cédant aux instances de Mulei- Hassem, Boabdil avait résolu d'immoler Gonzalve avant l'aurore. Alamar, qui briguait rhonneur, l'horrible honneur de liÊÊi percer le flanc , s'était chargé de le conduire à l'heure même sur le tombeau d^Almanzor; et l'infortuné Mulei, suivi de l'escadron des Âlahez, attendait, aux portes de Vàlbambra, que l'Africain amenât sa victime.

Dès que Gonzalve paraît , Mulei détourne la vue. Le héros cherche à lui parler, le vieillard s'éloigne et le fuit. Les Alabez l'entourent de leurs lances , le pressent 'dans leurs rangs serrés, et l'impitojable Alamar prend avec eux le chemin du tombeau.

Mais à peine il soit de Grenade par la porte de l'orient, la seule qui n'est point exposée aux attaques des Espagnols, qu'il entend jgronder au loin les foudres de Ferdinand. Les murailles en sont ébranlées ; on crie aux armes de toutes parts ; le son des trompettes perce

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